
Avec le reclassement du site en Zone Naturelle Protégée et la fin du permis de démolir détenu par la société Immochan, la Ferme des Bouillons, près de Rouen, semblait sauvée du béton. Et ses occupants avaient bon espoir d’en faire un lieu citoyen et collectif alliant agriculture biologique et éducation populaire. Mais une société sortie du chapeau serait en mesure de racheter le site. Le préfet doit décider d’une éventuelle préemption.
Ça bouge aux Bouillons. Il y a un an, avec le reclassement du site en Zone Naturelle Protégée et la fin du permis de démolir détenu par la société Immochan, la vocation agricole de la ferme était confirmée et légitimée. Une première victoire pour l’Association de Protection de la Ferme des Bouillons, mais pas la fin du combat : restait, selon nous, à garantir que la ferme sauvée du béton serait le support d’activités durables et généreuses, articulées dans une logique de bien commun.
Les membres de l’association ont alors orienté leurs travaux dans deux directions : rachat collectif et citoyen du site, avec le soutien du mouvement Terre de Liens, et rédaction démocratique d’un projet global pour la ferme, alliant agriculture biologique, circuits courts, formation, éducation populaire et culture, dans la droite ligne de ce qui avait été entrepris dès les premiers jours de l’occupation. Ce projet a été rendu public au printemps 2015, avec des porteurs de projets identifiés. Dernier obstacle à sa concrétisation : la propriété du site, toujours aux mains du groupe Auchan (...)
Le point central de notre refus du projet porté par ce nouvel acteur sorti du chapeau au cœur de l’été, c’est l’absence de contrôle sur le fonctionnement opaque de ce type de société. En effet, en cas de revente partielle - même à 99 % - des parts de la SCI, la SAFER et plus largement la collectivité n’auraient plus légalement de regard sur les activités développées sur le site par les nouveaux propriétaires : fini alors le maraîchage bio ? Tout l’inverse de la responsabilité collective que nous cherchons à mettre en place depuis un an avec Terre de Liens. (...)