La Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a réclamé mercredi à la France une "enquête approfondie" sur les violences policières qui émaillent la crise des gilets jaunes, s’attirant une sèche réplique de Paris qui dit ne pas l’avoir "attendue".
"Il faudra expliquer à Madame le Haut-Commissaire l’ensemble des faits d’extrême violence" notamment contre "les forces de l’ordre" ou les "biens publics", a répliqué sur BFMTV le Premier ministre français Edouard Philippe, rappelant qu’"en France, on a un Etat de droit".
"On n’a pas attendu le Haut-Commissaire pour faire la lumière sur l’ensemble des faits dès lors qu’il y a des plaintes", a-t-il ajouté. (...)
La polémique a enflé début janvier après la grave blessure à l’oeil à Paris d’une figure du mouvement des gilets jaunes à l’acte 11 de leur mobilisation. Les médecins lui ont diagnostiqué la perte de l’usage de l’oeil droit.
Selon le collectif militant "Désarmons-les", 20 personnes ont été gravement blessées à l’oeil depuis le début du mouvement, mi novembre. La présidente du groupe CRCE au Sénat, Eliane Assassi, a avancé mercredi le chiffre de "17 éborgnés".
Plusieurs actions ont été intentées par des syndicats et des associations pour obtenir la suspension de l’utilisation du lanceur de balles de défense (LBD), en vain.