Le funeste régit et le futile demeure. La bourse d’Athènes a dévissé de plus de 6%, tout comme certaines autres paraît-il cette semaine ; chez nous cependant, dans l’indifférence d’une insignifiance alors signifiée, pour ne pas dire dans une certaine hilarité à peine contenue. Et sur l’île de Rhodes et du Colosse manifestement de jadis, un chômeur âgé de 35 ans et père d’un enfant de 18 mois, s’est rendu au centre des impôts, afin de... déposer son enfant, suite à la saisie des ultimes 300 euros présents sur son compte.
(...) Cette dernière somme figurant sur son compte, souligne alors le reportage, avait été déposée par la mère de cet homme, habitant dans une autre région de la Grèce, une aide de dernier recours pour qu’il puisse enfin faire face malgré tout, aux seules dépenses quotidiennes. Ce compte, sur lequel autrefois était versé son salaire ne devrait pourtant pas être considéré comme “saisissable”, sauf que pour les services fiscaux aucune considération allant dans ce sens n’a été prise... en compte. (...)
Des débats insignifiants, un Parlement parodique sauf que la farce est exécrable, et que Samarás a pour l’essentiel laissé son ministre Vorídis de l’extrême-droite comme on sait, le représenter. Le funeste régit et le futile demeure.
C’est donc pour fuir notre camp de concentration déréglé à ciel ouvert que comme l’écrit encore “To Pontíki”, “L’avenir du pays est en train d’émigrer”. Diplômés, étudiants et universitaires prennent ainsi le chemin qui mène à Rome, c’est à dire à Berlin. D’après cette chronique dont l’origine provient d’un reportage cité, récemment réalisé par la Deutsche Welle, le “brain drain” grec se poursuit. (...)
“En Grèce, la recherche est exclusivement entre les mains des universités et dans ce domaine, tous les budgets ont été drastiquement réduis depuis le début de la crise. Nous ne pouvons même pas proposer la moindre recherche à nos étudiants, rien que parce qu’il nous manque une somme de mille ou deux mille euros. Cela provoque le désespoir”.
D’après Skévos Papaïoánnou - remarque le reporteur, sans le retour revenir des investissements en Grèce et avec eux des emplois, alors beaucoup de jeunes Grecs continueront à tenter leur chance à l’étranger. Bonne blague ! En France cela ne fait que commencer me semble-t-il. (...)
Devant les kiosques à journaux, les passants contemplent les titres gros, tellement gros à travers les signifiants de notre insignifiance. Une majorité de la population écrasée par une imposition de l’anéantissement, loin, très loin de la moindre équité et au même moment, on découvre tantôt l’effacement des dettes des partis de Samaras et de Venizélos, tantôt et autant... la contribution fiscale des armateurs, déjà symbolique, devenue volontaire plutôt qu’obligatoire, et cela suite à une récente injonction du “gouvernement”.
Il y a de quoi s’en lasser des titres et de leur grossièreté. Autrement-dit, une bonne partie de la population a déjà décroché. (...)
Comme on le répète souvent en Grèce et pas que dans la rue, “en d’autres circonstances ces gens seraient jugés, puis pendus ou exécutés”, et j’y ajouterais certainement mieux que cela, ils seraient frappés d’un ostracisme moral, économique et politique définitif. Cependant, les fameuses circonstances... tardent à venir. (...)
Le funeste régit et le futile alors demeure, du côté de la Gauche radicale on le sait aussi. Et par ces temps qui courent, deux députés SYRIZA qui en premier avaient fait état publiquement de ce nouveau scandale, ainsi que et d’autres témoins ; ils viennent d’achever cette semaine, leurs premières dépositions devant un juge, dans une affaire présumée de constitution entre riches entrepreneures d’une caisse noire.
Elle serait destinée à “acheter” un nombre suffisant de députés pour que l’Assemblée actuelle puisse de la sorte élire en février 2015 le prochain Président de la République, puisque le nombre de... Samaro-Venizélistes compatibles ne suffit pas.
Affaire à suivre... à défaut de préférer aller à la pêche ! Grèce en octobre, été Indien (...)