Mobilisées depuis près de deux ans, dont huit mois de grève, les salariées sous-traitées de l’hôtel parisien signent, ce mardi, un accord prévoyant une amélioration significative de leur rémunération et de leurs conditions de travail.
Depuis vingt-deux mois, sur le parvis de leur hôtel et en manifestation, les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles chantaient inlassablement « frotter, frotter/il faut payer ». Cette fois-ci, le groupe Accor a finalement accepté de passer à la caisse.
Historique
Ce mardi, les dix-neuf femmes de chambre et gouvernantes de l’établissement du 17e arrondissement parisien ont rendez-vous avec la direction de STN, société de sous-traitance qui les emploie, pour signer un accord de sortie de conflit. (...)
Les femmes de chambre ont enfin obtenu l’égalité de traitement entre les salariés de l’hôtel et les salariés sous-traités. Tiziri Kandi, animatrice CGT (...)
Si l’internalisation des travailleuses dans le groupe Accor n’est a priori pas prévue, les concessions sont tellement importantes que toutes les grévistes et leurs soutiens saluent unanimement une victoire historique .
« L’internalisation ne sera pas pour cette fois, mais le protocole prévoit de très nombreuses avancées. Les femmes de chambre ont enfin obtenu l’égalité de traitement entre les salariés de l’hôtel et les salariés sous-traités », a réagi Tiziri Kandi, animatrice de la CGT hôtels de prestige et économiques (HPE), présente aux côtés des salariées depuis le début de leur mobilisation.
Cadences allégées (...)
Revendication phare de leurs mois de lutte, les cadences des salariées de STN seront allégées. Alors qu’elles devaient nettoyer 3,5 chambres à l’heure avant d’entamer leur grève, les femmes de chambre pourront dorénavant se limiter à 3 pièces. Les gouvernantes, elles, ne superviseront plus que 80 chambres par jour contre plus de 100 auparavant.
Des salaires augmentés de 250 à 500 euros par mois (...)
Deux travailleuses dont le CDD a été rompu pendant le mouvement de grève seront quant à elles réintégrées et deux délégués de site seront mis en place. Enfin, la mutation d’une dizaine de travailleuses sera annulée. (...)
« C’est un énorme soulagement, elles vont enfin pouvoir retourner la tête haute au travail. C’est une immense satisfaction vis-à-vis de leurs collègues et de leur direction. Elles se sont battues contre Accor, qui n’est pourtant pas un adepte du dialogue social, et elles ont obtenu de superbes avancées. Cette victoire qu’elles ont arrachée est à la hauteur de leur lutte », se réjouit la syndicaliste Tiziri Kandi (...)
Donner à voir le calvaire de la sous-traitance (...)
Cantonnées à des temps partiels imposés, collectionnant les douleurs physiques et victimes pour certaines d’entre elles de harcèlement et d’agressions sexuelles au travail, les salariées sont de toutes les manifestations et de tous les rassemblements pour faire entendre leur voix. (...)