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France24/AFP
La hausse des pendaisons en Iran, "ultime outil d’intimidation et d’oppression" selon des ONG
#iran #MahsaAmini #IranRevolution #executions #femmes
Article mis en ligne le 15 avril 2023
dernière modification le 14 avril 2023

La peine de mort : "une discrimination systématique" des minorités ethniques Autre fait marquant, le rapport indique que 30 % des personnes exécutées dans tout le pays sont des membres de la minorité sunnite baloutche alors que celle-ci ne constitue que 2 à 6 % de la population iranienne. Le nombre de Kurdes et d’Arabes exécutés est lui aussi disproportionné, en particulier concernant les délits liés à la drogue. Un constat qui fait faire dire aux auteurs du rapport que "la peine de mort fait partie de la discrimination systématique et de la vaste répression dont sont victimes les minorités ethniques d’Iran".

D’après plusieurs ONG, le nombre d’exécutions a grimpé de 75 % en Iran en 2022, année marquée par un soulèvement de la population iranienne après la mort de Mahsa Amini. Le pays, qui détient ce macabre record du monde, a commencé 2023 avec 150 exécutions depuis janvier, laissant craindre une année noire marquée par des exécutions aux motifs "politiques".

L’Iran exécute chaque année plus de personnes que n’importe quel autre pays du monde – à l’exception de la Chine, pour laquelle aucune donnée précise n’est disponible. C’est le sinistre constat dressé par Iran Human Rights (IHR) et Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) dans un rapport publié jeudi 13 avril.

En 2022, l’Iran a pendu 582 personnes, soit 75 % de plus par rapport à l’année précédente, d’après ce document. La République islamique n’avait jamais atteint un tel nombre d’exécutions depuis 2015, année au cours de laquelle 972 personnes avaient été mises à mort, selon l’IHR

Cette hausse s’explique par un mouvement de contestation massif et inédit contre le pouvoir, déclenché par la mort en septembre 2022 d’une jeune Iranienne, Mahsa Amini, lors de sa détention par la police des mœurs pour un voile "mal porté". Un soulèvement auquel Téhéran a réagi par une féroce répression des manifestants.
Cent manifestants dans le couloir de la mort

Les deux ONG à l’origine du rapport redoutent qu’avec plus de 150 exécutions au cours des seuls trois premiers mois de 2023, le total pour l’année en cours risque d’être le plus élevé de ces vingt dernières années. Ces organisations avancent que "la peine de mort est à nouveau utilisée comme un ultime outil d’intimidation et d’oppression par le régime iranien afin de maintenir la stabilité de son pouvoir". (...)

Quatre hommes ont été pendus en 2022 à l’issue de condamnations dans des affaires liées aux manifestations, poursuivent les ONG, tandis que 100 autres protestataires risquent d’être exécutés après avoir été condamnés à mort ou inculpés pour des infractions passibles de la peine capitale. Sans oublier que "le rapport n’inclut pas dans ses statistiques les 537 personnes, au moins, tuées lors des manifestations ou d’autres exécutions extrajudiciaires à l’intérieur et à l’extérieur des prisons". (...)

Plus de la moitié des personnes exécutées depuis le début des manifestations, et 44 % des 582 exécutions enregistrées en 2022, l’ont été pour des motifs liés à la drogue. (...)

La peine de mort : "une discrimination systématique" des minorités ethniques

Autre fait marquant, le rapport indique que 30 % des personnes exécutées dans tout le pays sont des membres de la minorité sunnite baloutche alors que celle-ci ne constitue que 2 à 6 % de la population iranienne.

Le nombre de Kurdes et d’Arabes exécutés est lui aussi disproportionné, en particulier concernant les délits liés à la drogue. Un constat qui fait faire dire aux auteurs du rapport que "la peine de mort fait partie de la discrimination systématique et de la vaste répression dont sont victimes les minorités ethniques d’Iran". (...)

De son côté, Amnesty international avait comptabilisé, dans un rapport publié début mars, au moins treize Baloutches condamnés à mort depuis janvier "à l’issue de procès manifestement inéquitables". Pour certains d’entre eux, l’ONG avait recueilli des preuves de tortures, y compris des violences sexuelles, pour les forcer à passer aux "aveux".