L’été grec se prolonge et s’étend. Comme d’ailleurs notre crise. Une fois n’est pas coutume, la presse grecque du 26 août fait sa “Une” sur la démission du gouvernement français. “L’Allemagne a imposé cette démission humiliante au gouvernement français, c’est alors un dictat infligé à Paris par les Merkelistes de Berlin. Un bouleversement de plus, qui témoigne de l’accablante réalité de la crise en France et autant, de l’impasse avérée au sein de la ‘prison’ de la zone euro, voire plus généralement, de l’Union européenne allemande” , estime l’éditorialiste du site “ISKRA”, média exprimant les positions de la mouvance gauche chez SYRIZA.
“Certains braves gens sont ainsi décapités sur ordre de Merkel” écrit le “Quotidien des Rédacteurs” daté du 26 août, le titre est effectivement gros ! De manière plus diplomatique, le quotidien économique “Naftemborikí” remarque que “la politique d’austérité imposée par l’Allemagne sur l’ensemble de l’Europe, France comprise, devient l’épicentre de la dernière crise gouvernementale à Paris”. Il y aurait donc des vérités hélas incontestables.
Telle est en tout cas la perception des représentations et des mentalités grecques du moment à ce sujet, au pays où, entre autres (et ce n’est qu’un exemple), depuis la dernière reforme territoriale de 2010 inaugurant ainsi la parousie... réformatrice de la Troïka chez nous, la suppression des départements ainsi que le regroupement des régions ont... simultanément inauguré la cogestion des collectivités territoriales sur notre territoire ex-national attribuée à Hans-Joachim Fuchtel, nommé officiellement par Angela Merkel... “Consul pour la Grèce” - “Bundeskanzlerin für Griechenland” , ainsi le nouveau... modèle graduel européiste ne nous semble guère si éloigné et encore moins étrange !
Dans ce même nouvel ordre d’idées et d’après mes amis fonctionnaires, “les Allemands et les autres Troïkans ont pris les contrôle des ministères grecs” au moment où de leur côté, les représentants des fonctionnaires au ministère des Finances dénoncent la récente loi concernant la taxation des bien immobiliers... foncièrement injuste, étant donné en plus que “certains articles ont été rédigés en anglais par les sbires des cabinets d’avocats étrangers travaillant pour la Troïka. D’abord la traduction avait été élaborée à la hâte est très mauvaise et surtout, ces dispositions ne tiennent absolument pas compte des réalités sociales et économiques de notre pays”, ce qui a provoqué des réactions politiques partout, y compris chez les centristes de la droite à l’instar de l’ancien maire d’Athènes, Nikítas Kaklamánis .
On se souvient aussi comment le gouvernement, du funeste certes Papandréou, avait... été démissionné sur ordre d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy en 2011 pour alors mettre en place leur élu et banquier - Premier ministre, Lucas Papadémos. (...)
Notre été serait pourtant presque généreux... sans tout cela. Depuis juin, une course délirante est entamée pour ce qui tient de la braderie (gratuite) des richesses du pays au profit de seuls intérêts privés, étrangers et parfois grecs. Le littoral n’échappe pas à cette prédation, c’est même bien pire car la privatisation illégale et anticonstitutionnelle d’une partie du littoral constitue la partie la mieux visible du terrible iceberg et autant du... Titanic grec. (...)
L’embellie de l’été grec se termine ainsi, notamment pour les... autochtones. Les Athéniens sont de retour après une période de vacances de plus en plus courte, tandis que le pays reçoit comme on dit un tourisme bien massif. (...)
ce qui est singulièrement révélateur de l’état du monde dans lequel nous vivons, c’est que la notion du bien public est... si bien arrachée des mentalités et des pratiques, Troïka ou pas d’ailleurs.
Une fois de plus, la démesure, voire l’hybris règnent en maîtresses des lieux, des lieux désormais communs et des mentalités délavées. Pour le journaliste, comme pour le politique, le fait de l’appartenance de l’île à la collectivité ainsi que sa spécificité reconnue et enfin protégée au niveau d’ailleurs européen, deviennent des “problèmes” au lieu d’apporter la solution. (...)
Les bouleversements en ce nouveau siècle de l’année 14 n’en finiront pas de nous surprendre tant qu’ils ne seront pas achevés. Comme nous... peut-être avec. “La Grèce n’est plus ce qu’elle était, d’ailleurs elle n’est plus rien” affirme mon ami Ariélis, l’agronome d’Artémida (...)