Dans le projet de loi de Finances 2021, le Sénat prévoit une augmentation du budget alloué à l’Aide médicale d’État (AME) de 920 millions d’euros à 1 milliard d’euros. Cette prise en charge qui permet aux sans-papiers de se faire soigner gratuitement en France ne représente que 0,5 % des 200 milliards d’euros de dépenses de l’assurance-maladie.
(...) Pourquoi cette augmentation ?
1- Depuis sa création en 1999, l’AME a vu ses bénéficiaires augmenter. En décembre 2019, près de 335 000 personnes en bénéficiaient (contre environ 260 000 en 2010, soit +28%)
2- Jusqu’à présent, les demandeurs d’asile n’étaient pas concernés par l’AME, ils avaient accès au dispositif dit de la "PUMa" (Protection universelle maladie), c’est-à-dire la sécurité sociale "minimum" dès le dépôt de leur demande. Ce n’est plus tout à fait le cas. En raison d’un délai de carence de trois mois instauré en 2019, les "soins urgents" des demandeurs d’asile sont désormais assumés par le budget de l’AME. Un coût supplémentaire estimé à 70 millions d’euros.
3- De plus, du fait de la crise sanitaire liée au Covid, "les droits à l’AME expirant entre le 12 mars et le 31 juillet 2020 ont été prolongés de trois mois" peut-on lire dans le projet de loi.
Qu’est-ce que l’AME ?
L’aide médicale d’État (AME) permet aux étrangers vivant en France en situation irrégulière et précaire de bénéficier de l’accès aux soins gratuitement avec dispense d’avance de frais.
Sa mise en place bénéficie à tous : les migrants qui arrivent illégalement en France ont souvent un état de santé fragile. L’existence de l’AME leur permet de se soigner mais aussi de protéger l’ensemble de la population en limitant les risques de propagation de maladies.