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les économistes atterrés
Le déficit de la Sécurité sociale, un mensonge d’Etat
Henri Sterdyniak
Article mis en ligne le 22 octobre 2019

De 2012 à 2020, la dette de la Sécurité sociale va ainsi baisser de 10 % du PIB à 7,6 % ; dans le même temps, celle de l’État va augmenter de 72 % à 83 %. L’État fait peser l’effort de désendettement sur la Sécurité sociale et il omet de le compter quand il évalue le solde de la Sécurité sociale. On ne peut que s’étonner que les soi-disant magistrats de la Cour des comptes ne dénoncent pas ce tour de passe-passe. Au contraire, ceux-ci écrivent : « Un ralentissement des dépenses apparaît ainsi nécessaire afin d’assurer un retour pérenne de la Sécurité sociale à l’équilibre financier, par-delà les effets du cycle économique sur les recettes ». En fait, la Sécurité sociale enregistre déjà 11,7 milliards d’excédent, alors même qu’il manque environ 2,4 % d’emplois pour retrouver le taux de chômage d’avant la crise, soit une perte de 9 milliards de cotisations et un coût de 7 milliards de cotisations chômage.
Le solde structurel est donc de l’ordre de 28 milliards. Mais la Cour des comptes (comme son satellite le Haut Conseil des finances publiques) et le gouvernement prétendent que la France, en 2019, avec un taux de chômage de 8,5%, est déjà au taux de chômage d’équilibre.
En 2019, les dépenses de Sécurité sociale ont augmenté de 2,1%, soit nettement moins que le PIB (2,7 %) ou que la masse salariale (3,3 %). Il n’y a donc pas d’explosion des dépenses sociales. Le problème vient des ressources.

Revenant sur la Loi Veil du 25 juillet 1994, l’Etat a de surcroît décidé de ne plus compenser à la Sécurité sociale les exonérations de cotisations sociales. (...)

Les caisses de Sécurité sociale ne sont plus autonomes. Chaque année, à l’automne, les cabinets du ministre des Finances et du ministre des Affaires sociales organisent les transferts entre les différents régimes pour éviter qu’un régime présente trop d’excédent, ce qui justifierait d’augmenter les prestations. Ainsi, les excédents de la branche famille sont-ils périodiquement transférés à la branche retraite. En contrepartie, les prestations familiales ne suivent jamais l’évolution des salaires et pas toujours celle des prix. (...)