Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
RESF
Les ministres se reposent, le président parade en Egypte, le préfet des Ardennes emprisonne et expulse femmes et enfants.
Article mis en ligne le 12 août 2015
dernière modification le 9 août 2015

Elsa Gantayeva, réfugiée tchétchène et deux de ses enfants (9 et 10 ans) ont été arrêtés dimanche 2 août à Charleville où elle était assignée à résidence. Ils ont été emprisonnés au CRA de Metz et expulsés le lendemain vers la Pologne. Le troisième enfant âgé de 6 ans n’a pas été expulsé : il était en vacances chez son père, ancien demandeur d’asile tchétchène maintenant bénéficiaire de la protection subsidiaire.

Arrivé en France en février 2014, Umar Moussaev, mari d’Elsa Gantayeva et père des trois enfants avait été tellement maltraité qu’il a du être amputé d’une jambe.

Entrée dans l’Union européenne par la Pologne, Elsa Gantayeva aurait dû, en application du règlement Dublin III, y déposer sa demander l’asile. Elle ne l’a pas fait, voulant naturellement retrouver le père de ses enfants. Mais ayant retrouvé la trace de son passage en Pologne, les autorités françaises ont décidé de l’y « réadmettre » selon la terminologie en usage. Le fait que son mari ait obtenu la protection subsidiaire, qui s’étend automatiquement au “conjoint et aux enfants” (art L 313 – 13 du CESEDA, Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et Demandeurs d’Asile), mais surtout le sens de l’humanité le plus élémentaire auraient dû conduire le préfet des Ardennes à lui délivrer comme le prévoit la Loi, la carte de séjour temporaire portant la mention “vie privée et familiale”. Pour justifier sa décision d’expulser malgré tout Elsa Gantayeva, la préfecture des Ardennes a recours à des explications dont on appréciera la pertinence et la classe. La première est que les parents n’habitent pas ensemble… Et pour cause ! Arrivée en décembre 2014, Elsa Gantayeva a d’abord passé quelques mois à Reims en hébergement d’urgence puis elle a été assignée à résidence à Charleville alors qu’Umar Moussaev demeurait hébergé à Strasbourg. Ca ne facilite pas la cohabitation ! Et comme il se trouve que l’hébergeante d’Umar était une femme… le préfet des Ardennes a décidé qu’ils étaient mariés et que le mariage avec la mère de ses enfants ne comptait plus ! Monsieur le préfet regarderait-il par les trous de serrure ?

La réalité est qu’il a des chiffres à faire en application des ordres du ministre Bernard Cazeneuve.[1] Et que si ce dernier orne ses discours de propos vaguement humanistes, le préfet n’a pas cette préoccupation : l’accomplissement de ses objectifs passe bien avant la maltraitance infligée à trois enfants et à leurs parents. (...)

Le démembrement des familles, façon Pépère.

Outre la situation de la jeune femme tchétchène décrite ci-dessus, quelques autres exemples de maltraitance d’enfants et de parents conduites en application des valeurs du gouvernement socialiste. (...)