LaREM Sous couvert de « rassembler », le président fraîchement réélu soutient la création d’ « un grand mouvement politique d’unité et d’action » soumis aux orientations de l’exécutif. De quoi créer des crispations chez ses alliés.
Soit les contours d’une future majorité hétéroclite, au sein de laquelle siégeraient l’ensemble des courants de la Macronie (LaREM, Modem, Agir et Horizons). Objectif : conserver 337 sièges sur un total de 577. Un projet qui ressemble à s’y méprendre à l’association Ensemble citoyens !, lancée en novembre dernier, à Paris, sans aboutir à un accord législatif.
Un accord loin d’être conclu
Pour le chef de l’État, le rassemblement des différentes composantes de la majorité est pourtant une étape clé, mais aussi une course d’obstacles. D’abord, se concilier ses alliés, à commencer par François Bayrou (Modem) et son rival Édouard Philippe (Horizons), n’est pas si simple. Ils refusent la disparition de leur formation au profit d’une seule et même entité politique. (...)
Problème : LaREM traîne des pieds pour lui distribuer un nombre suffisant d’investitures. Un accord est loin d’être conclu, d’autant que l’ex-premier ministre n’a pas été convié à participer aux récentes discussions consacrées aux élections législatives.
Dans les rangs du parti présidentiel, l’ambiance n’est pas plus sereine. Si bien que le bruit circule de l’existence d’un « classement loyal/pas loyal, faible/pas faible » des députés LaREM. De son côté, Richard Ferrand, chargé par Macron des investitures, s’applique à tendre la main à de potentielles nouvelles têtes : « Je lance un appel aux femmes et aux hommes de gauche (…) pour leur dire qu’ils ont toute leur place dans notre majorité », a-t-il déclaré jeudi.
Une faible implantation locale
Le président aura le dernier mot sur la désignation des candidats. Il vise la majorité absolue le 19 juin, fixée à 289 sièges. Il sait néanmoins que la configuration politique n’est plus la même qu’en 2017, lorsqu’une vague macroniste déferlait sur l’Assemblée. (...)