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Marie-Claude Saliceti
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l’Humanité
Mort de Nahel : une réponse strictement sécuritaire pour le gouvernement après les destructions et violences
#Nahel #violencespolicieres #emeutes
Article mis en ligne le 1er juillet 2023

(...) Emmanuel Macron a présidé, vendredi, une nouvelle cellule de crise, à l’issue de laquelle il a annoncé le déploiement de « moyens supplémentaires », des blindés de la gendarmerie notamment. Emmanuel Macron a pointé de façon lunaire l’influence des jeux vidéos et appelé les parents à « la responsabilité ». Plusieurs centres commerciaux ont été évacués vendredi. Les obsèques de Nahel se dérouleront samedi à Nanterre.

(...) La nuit de jeudi à vendredi s’est soldée par l’arrestation de plus de 875 personnes, dont la moitié en Île-de-France, selon le ministère de l’Intérieur qui, face à l’embrasement, a déployé les grands moyens. La Brigade de recherche et d’intervention (BRI), notamment à Nanterre et à Paris, ainsi que les forces du RAID et du GIGN, ont été mobilisés.

Vendredi soir, des blindés de la gendarmerie viendront en renfort a annoncé Elisabeth Borne, tandis que le déploiement de 40 000 policiers jeudi soir n’a pas eu d’effet sur les dégradations de toute sorte, bien supérieures à la veille. (...)

Gérald Darmanin demande aux préfets l’arrêt des bus et des tramways après 21 heures dans toute la France, sans distinction des situations locales donc. Le gouvernement pour l’heure s’en tient à une réponse strictement sécuritaire. Les obsèques de Nahel se dérouleront samedi à Nanterre. (...)

Face à l’embrasement, une nouvelle cellule de crise présidée par Emmanuel Macron, qui a écourté son déplacement à Bruxelles, a eu lieu ce vendredi. Après avoir annoncé, peu avant cette réunion, qu’il était prêt à adapter « sans tabou » le dispositif de maintien de l’ordre, il a appelé les parents « au sens de la responsabilité » afin qu’ils « gardent leurs enfants chez eux », a affirmé que des « moyens supplémentaires » seraient déployés sur le terrain et sur les réseaux sociaux pour détecter des contenus appelant aux rassemblements. Le président de la République, face au risque d’escalade, avait multiplié pendant plusieurs jours les appels à l’apaisement et exprimé son soutien à la famille de la jeune victime : « Nous partageons l’émotion et la peine de la famille et des proches du jeune Naël. Je veux leur dire notre solidarité et l’affection de la Nation », garantissant que justice serait rapidement rendue face à des actions « inacceptables et inexcusables ». Sa Première ministre Elisabeth Borne avait, pour sa part, jugé que l’intervention de ce policier n’était « pas conforme aux règles d’engagement ».
Le policier demande « pardon »

Ce dernier a été mis en examen et placé en détention provisoire pour homicide volontaire, le 29 juin, à l’issue de deux jours de garde à vue. Le procureur de la République de Nanterre, Pascal Prache, a estimé que « les conditions légales d’usage de l’arme » lors du contrôle routier qui a conduit à la mort de Nahel n’étaient « pas réunies ».

Laurent-Franck Lienard, l’avocat du policier, affirme pour sa part que son client est « dévasté » et a relayé sa volonté de demander « pardon » à la famille de la victime, mais a remis en cause sa détention provisoire, qu’il estime injustifée. Les syndicats de policiers Alliance et UNSA ne sont pas sur cette ligne, se déclarant dans un communiqué « en guerre » contre des « hordes sauvages ». « Demander le calme ne suffit plus, il faut l’imposer », poursuit le texte, avant de se faire menaçant : « nous serons en résistance et le gouvernement devra en prendre conscience ». (...)

Eric Ciotti réclame l’état d’urgence (...)

Vincent Jeanbrun, maire LR de l’Hay-le-Roses, Isabelle Perigault, députée LR de Seine-et-Marne, Olivier Marleix, chef des députés LR à l’Assemblée nationale, s’inscrivent dans la même logique : dénonciation du chaos, soutient à la police, demande du déclenchement de l’état d’urgence. C’est d’ailleurs à la demande de Valérie Pécresse que les tramways et les bus ont été arrêtés à 21 heures. (...)

« toutes les hypothèses » sont « envisagées avec une priorité, le retour de l’ordre républicain », a déclaré la locataire de Matignon. (...)

Maires progressistes : entre désarroi et volonté de refondation

Si les maires de gauche des villes concernées par les violences des derniers jours appellent au calme, ils demandent aussi justice et critiquent la politique du gouvernement à l’égard des banlieues comme des services publics, dont la police. (...)

n comité interministériel des villes ce vendredi

Le comité interministériel des villes, prévu de longue date, a été maintenu vendredi, après avoir été déplacé de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) à Matignon. Alors que le rendez-vous suscitait de nombreuses attentes dans un tel contexte, à son issue, Elisabeth Borne s’est contentée d’indiquer qu’un nouveau comité aurait lieu prochainement pour annoncer des mesures en faveur des quartiers populaires et que le message qu’elle voulait adresser était de « faire bloc pour répondre à l’urgence comme pour préparer l’avenir ». Reste à savoir si les dispositions - désormais renvoyées à un prochain comité - seront concentrées sur des politiques sécuritaires comme le réclament la droite et l’extrême droite, ou sur des politiques sociales, de logement, de service public, de refondation de la police, comme l’espère la gauche progressiste. (...)