Un militaire a été légèrement blessé samedi matin à Oye-Plage. Alors qu’un escadron de gendarmerie tentait d’empêcher un départ en bateau d’une cinquantaine de migrants, un réserviste a reçu un coup de couteau à la main. Les tensions entre migrants et forces de l’ordre ne cessent de monter dans la région depuis le début de l’année.
Les faits, rapportés par La Voix du Nord, se sont déroulés samedi aux alentours de 7h entre les Hemmes d’Oye et la plage du GCU (Grand Camp universitaire). Un groupe d’une cinquantaine de migrants s’apprêtait à prendre la mer pour rejoindre le Royaume-Uni quand une patrouille de gendarmerie a tenté de les intercepter. (...)
Rapidement, la situation a dégénéré et les migrants s’en sont pris aux gendarmes, selon le commandant de la compagnie de gendarmerie de Saint-Omer. Les militaires ont répondu avec du gaz lacrymogène. Lors de l’échauffourée, un réserviste a reçu un coup de couteau à la main. "Il est légèrement blessé. Ses jours ne sont pas en danger. Une artère a été touchée. Il doit se faire opérer à l’hôpital de Calais où il se trouve actuellement", a déclaré le chef d’escadron au journal nordique. Les migrants ont été interpellés et une enquête a été ouverte pour violences avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique. Elle devrait permettre aux forces de l’ordre d’identifier formellement l’auteur du coup de couteau.
Sur les plages du nord de la France, les forces de l’ordre ont ordre de "taillader" à l’aide de canifs ou de petits couteaux les canots des migrants au moment de leur mise à l’eau. Leur rôle se résume en principe à l’interception des embarcations. "Nous, ce qu’on fait, c’est essayer de saisir le bateau et de le crever pour le rendre inutilisable", avait confié une patrouille à InfoMigrants en 2021. La question de l’arrestation n’est jamais à l’ordre du jour. "Nous ne sommes pas là pour interpeller les migrants", avaient déclaré des policiers.
Mais parfois, les interceptions comme celles de samedi se passent mal. Les migrants, exténués et à bout de nerfs après des mois sur les routes de l’exil, ne comprennent pas l’acharnement policier. (...)
Plusieurs incidents ces dernières semaines
La tension migratoire reste très forte dans le nord de la France en ce début d’année. Il y a une semaine, une dizaine de migrants ont été jetés à l’eau par le conducteur d’une embarcation après qu’une rixe a éclaté à bord, puis récupérés par les pompiers sur la plage de Sangatte, dans le nord de la France. Le même jour, une violente altercation a éclaté entre une vingtaine de migrants et quatre chauffeurs routiers, sur un parking de Transmarck, à proximité de Calais. Un routier avait été conduit à l’hôpital. (...)
les Britanniques prévoient de verser plus de 500 millions d’euros sur quatre ans à la France pour militariser davantage la frontière maritime (...)