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Terres rares et guerres durables
Article mis en ligne le 4 juillet 2019
dernière modification le 3 juillet 2019

Sait-on seulement que les ballets diplomatiques musclés entre les États-Unis, la Chine et la Corée du Nord ont pour principal enjeu l’accès aux terres rares ? Connaît-on le lien entre la persécution des Rohingyas de Birmanie et l’accaparement de leurs terres par les militaires à des fins d’exploitation minière ?

Au moins, on peut faire confiance à la banque Goldman Sachs quand elle qualifie le cobalt de « nouveau pétrole ». La rapacité pour les terres à minerais rares – nécessaires aux technologies actuelles (batteries de smartphones, écrans tactile…) et à la transition énergétique « décarbonée » (panneaux photovoltaïques, éoliennes, véhicules hybrides, ampoules LED ou trottinettes électriques…) – promet surtout de nouvelles « routes de la soie ensanglantées » et une spirale d’exploitation des êtres humains et de leur environnement. C’est ce que démontrent implacablement un livre et une brochure, sortis en 2018 [1]. (...)

la face cachée des « technologies vertes ». Commerciales, de basse ou de haute intensité, ces « guerres pour les métaux rares » ne prononcent jamais leurs noms barbares : cobalt, scandium, cérium, lithium, silicium, nickel, graphite, etc. (...)

Plus documenté, le cas de la République démocratique du Congo : le travail de plusieurs dizaines de milliers d’enfants à partir de 3 ans dans les mines de cobalt aux mains de groupes paramilitaires et de mafias revient heurter régulièrement nos consciences connectées.Mali, Niger, Libye, Irak, est de la Syrie, Afghanistan, Somalie, etc. : les terres rares convoitées sont présentes au cœur des zones de conflits impérialistes actuels.

Rien de nouveau sous le soleil noir du capitalisme ? À ceci près que cette fuite en avant destructrice, mue par par la soif du profit, se drape de vertus écologistes (...)

Si l’analyse d’É&M débouche sur la nécessité d’une prise de conscience urgente face à ce suicide organisé, on reste atterré par la conclusion du livre de Guillaume Pitron, qui ne dépasse pas la logique productiviste et extractiviste. Tout en soulignant l’incohérence des ONG écologistes qui « dénoncent les effets du nouveau monde plus durable qu’elles ont elles-mêmes appelé de leurs vœux », l’auteur plaide pour une extraction bien de chez nous afin d’éviter l’externalisation des nuisances : « La mine responsable chez nous vaudra toujours mieux que la mine irresponsable ailleurs. »

Pour ceux qui en doutaient encore : l’enfer capitaliste est désormais pavé des meilleures intentions écologistes.