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Marie-Claude Saliceti
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Street Press
Trois mensonges en trois jours, ça fait beaucoup… Maintien de l’ordre : les mensonges de Gérald Darmanin et Laurent Nuñez
#police #repression #armes #manifestations #Darmanin
Article mis en ligne le 29 mars 2023
dernière modification le 28 mars 2023

Des vidéos de violences policières circulent en boucle. C’est la panique au ministère de l’Intérieur, qui promet en vrac que la section mise en cause dans un audio ne serait pas là et que chaque vidéo déclencherait une enquête. Faux et encore faux !

L’ambiance est électrique dans les couloirs du ministère de l’Intérieur. Depuis une semaine, la question du maintien de l’ordre est au cœur du débat public et les images de violences policières saturent les réseaux sociaux. Vendredi, plusieurs médias publient un enregistrement accablant pour la police. Samedi, ce sont les images de Sainte-Soline où plusieurs milliers de personnes défilent contre un projet de « méga-bassines » qui circulent. Il faut éteindre l’incendie médiatique. Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, et Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris, montent au créneau. Ils enchaînent en quelques jours plusieurs plateaux télé et conférences de presse. Mais la communication est erratique et les petits mensonges se succèdent au fil des annonces. Plusieurs sources au sein de la police permettent à StreetPress de debunker les fakes news du ministre et du préfet.

1- La section des policiers mis en cause par l’audio est sur la manif (...)

les Brav-M. Lundi 20 mars, dans la soirée, sept personnes sont mises en garde à vue par la brigade. L’un des manifestants enregistre les conversations à l’aide de son téléphone. Les 23 minutes de bande-son sont terribles : menaces, coups, racisme… (...)

Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris, se dit « très choqué » et annonce la saisine de l’IGPN, la police des polices. Il promet par ailleurs que la section ne sera pas engagée dans le dispositif de maintien de l’ordre mis en place pour encadrer la

manifestation du 28 mars. Sur France 5, le ministre de l’Intérieur en remet une couche : ils ne seront pas sur le terrain, jure-t-il. (...)

Vraiment ? Selon nos informations, la 21e CI – la section en question – apparaissait bien ce matin sur la liste recensant les effectifs mobilisés. (...) Pour en avoir le cœur net, StreetPress s’est donc rendu à 13 heures à leur point de rendez-vous. C’est finalement avec une quinzaine de minutes de retard que la vingtaine de motards de la police, blousons siglés « compagnie d’intervention », débarque. Ils sont bien là. (...)

2- Pas de signalement automatique des violences filmées

Les fonctionnaires qui commettent des violences seront suspendus ou au moins sanctionnés, promet – toujours sur le plateau de France 5 – le ministre de l’Intérieur. De son côté Laurent Nuñez assure au micro de BFM que « tout ce que nous voyons, toutes les vidéos [qui circulent sur les réseaux sociaux], on les analyse, évidemment ». (...)

Il insiste :

« Sur chaque vidéo, nous regardons si la déontologie est respectée et il peut y avoir des saisines de l’IGPN. »

Voilà pour la théorie. Dans les faits, aucun service n’est chargé de faire ce travail. (...)

3- Moins d’hommes qu’annoncés sur le terrain

À la veille de cette dixième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, Gérald Darmanin promet « un dispositif de sécurité inédit, composé de 13.000 policiers et gendarmes dont 5.500 à Paris ». Mais selon plusieurs sources policières, le compte n’y est pas. 116 sections au total sont engagées. (...)