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Marie-Claude Saliceti
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Amnesty International
Tunisie : les autorités s’en prennent délibérément à des avocat·es et des opposants politiques
#Macron #autoritarisme #libertedexpression
Article mis en ligne le 13 mai 2023
dernière modification le 12 mai 2023

Alors que la crise économique ne cesse de s’aggraver en Tunisie, les autorités s’en prennent délibérément à des avocat·es de renom et à des membres de l’opposition politique qui se battent depuis des années pour un avenir meilleur pour le pays. Le but : distiller la peur et faire taire la dissidence. Une manière de leur adresser un message dissuasif : toute personne qui ose s’opposer au président Kaïs Saïed s’expose à des représailles.

La décision des autorités tunisiennes d’élargir une enquête pénale s’appuyant sur des accusations infondée de « complot » en ajoutant quatre dissident·es à la liste des accusés témoigne de façon inquiétante d’une intensification de la répression. Parmi les nouveaux accusé·es figurent notamment Ayachi Hammami, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, Bochra Belhaj Hamida, avocate féministe, ainsi que Nejib Chebbi et Noureddine Bhiri, deux figures de l’opposition. (...)

Des accusations de "complot" infondées

En février 2023, les autorités tunisiennes ont ouvert une information judiciaire contre 17 suspect·es et ont arrêté 12 d’entre eux. Un juge a par la suite libéré au moins l’une de ces personnes dans l’attente des conclusions de l’enquête.

Le président a qualifié publiquement les personnes interpellées de « terroristes » et les a accusées de comploter en vue d’attaquer l’État et d’attiser les tensions sociales. Un juge d’instruction du tribunal antiterroriste de Tunisie enquête sur eux au titre de 10 articles du Code pénal – dont l’article 72, qui prévoit la peine de mort pour toute manœuvre ayant pour but de « changer la forme du gouvernement » – et de plus d’une dizaine d’articles de la loi antiterroriste de 2015.

L’opposition dans le viseur des autorités (...)

Une atteinte à l’indépendance de la justice et à la liberté d’expression

Depuis qu’il a suspendu le Parlement et s’est arrogé les pouvoirs d’exception le 25 juillet 2021, le président Kaïs Saïed a adopté une nouvelle Constitution qui menace les droits humains, et publié des décrets-lois qui portent atteinte à l’indépendance de la justice et à la liberté d’expression. (...)

Les autorités tunisiennes s’en prennent aujourd’hui aux détracteurs et aux opposants présumés du président à coups d’enquêtes et de poursuites pénales, dans un climat de régression générale des droits humains.