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Marie-Claude Saliceti
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conscience citoyenne responsable
VIVE LES SOLDES ET LES PRIX BAS
Article mis en ligne le 14 janvier 2015
dernière modification le 12 janvier 2015

Trois, deux, un, zéro. Les soldes sont déjà là. Promotions, réductions, …occupent les vitrines des magasins et des centres commerciaux. C’est le moment d’acheter à bon prix. Mais ce que nous achetons est-il réellement aussi bon marché ? Que se cache.t.il derrière ces vêtements et ces appareils électroniques ? Qui sont les gagnants et les perdants avec nos achats ? En réalité, ce qui semble bon marché revient souvent très cher.

Ce qu’ils ne nous disent pas, et qui se cache derrière une étiquette made in China, Bangladesh ou Maroc, c’est comment ils obtiennent de tels prix. La délocalisation industrielle est la clé : produire en payant le coût le plus minimum possible pour la main d’œuvre et, par conséquent, en violant les droits humains et les droits les plus élémentaires des travailleurs. Derrière le « glamour » ou le « luxe » se cache également la sueur de travailleurs mal payés.

Une enquête de la Campagne « Vêtement Propre » analyse la situation des travailleuses dans les ateliers textiles de Tanger qui fournissent d’importantes firmes internationales. Il met en lumière les conditions de travail dans ces centres de confection marocains : des journées de travail qui vont jusqu’à 12 heures par jour, six jours par semaine et avec un salaire qui ne dépasse pas les 200 euros par mois – et qui parfois peut même être inférieur à 100 euros mensuels – ; l’arbitraire à l’embauche et au licenciement ; les obstacles à l’organisation syndicale, etc. Une situation extrapolable à de nombreux autres pays. Ce n’est pas pour rien que la majeure partie de nos vêtements sont confectionnés en Asie, en Amérique centrale, en Europe de l’est ou en Afrique.

Mais ce ne sont pas seulement les travailleurs des centres de productions qui en sortent perdant. Ici aussi les employés des centres commerciaux et des points de vente sont soumis à des conditions de travail précaires, flexibles, avec des difficultés pour s’organiser syndicalement. La pression pour obtenir des coûts les plus bas possibles retombe ainsi également sur eux. Les responsables du chômage et de la précarité au Nord ne sont pas les travailleurs des pays du Sud, mais bien les élites économiques et patronales qui cherchent à faire du profit avec nos vies, tant ici qu’à l’autre bout de la planète. (...)

Le plus scandaleux de tout cela c’est que, pour mener à bien ces pratiques, les multinationales comptent sur le soutien actif de ceux qui sont présents dans les institutions et qui élaborent les politiques économiques, sociales, écologiques, du travail… au service des intérêts des premières. Comme on l’a répété à plusieurs reprises dans les rues, nous vivons dans une démocratie séquestrée. Et bien qu’ils nous disent jusqu’à la nausée qu’en « achetant bon marché on y gagne tous », la réalité est toute autre : le bon marché coûte cher. Et au final, c’est nous, la majorité, qui payons la facture.