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Marie-Claude Saliceti
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RFI
Venezuela : après le pétrole, l’industrie minière s’ouvre à son tour à l’investissement privé
#USA #Trump #Venezuela #petrole #mines #privatisations
Article mis en ligne le 11 avril 2026

Au Venezuela, le gouvernement adopte une nouvelle loi pour ouvrir le marché minier aux investissements étrangers. La loi a été votée à l’unanimité jeudi 9 avril par le Parlement vénézuélien. Les États-Unis mettent la pression sur le gouvernement intérimaire de Delcy Rodriguez, après avoir capturé Nicolas Maduro en janvier dernier. La présidente par intérim a déjà ouvert l’immense industrie pétrolière aux investissements privés et étrangers. C’est maintenant au tour de ses vastes réserves minières.

Une adoption attendue après la visite du ministre américain de l’Intérieur Doug Burgum, mi-mars. L’homme, connu pour sa proximité avec l’industrie pétrolière et minière, avait alors déclaré à Caracas que les compagnies américaines étaient « impatientes » de se mettre au travail dans le pays.

La présidente par intérim montre ainsi sa volonté de libéraliser le secteur, mais pas complètement. L’État conserve la propriété des ressources et le contrôle des permis d’exploitation. (...)

Gangs, groupes armés

Le Venezuela n’est pas seulement un pays pétrolier. Il possède aussi des réserves naturelles d’or, de diamant, de bauxite et de coltan. Des gisements qui se concentrent sur un territoire de 112.000 km2 baptisé Arc minier.

Mais gangs, groupes armés, et dans certaines zones les guérillas colombiennes de l’ELN ou des dissidences des ex-Farc exercent un contrôle sur des pans entiers de cette zone, avec l’accord des forces de sécurité, selon de nombreux experts et témoins.

Une « gouvernance criminelle » s’est implantée depuis la suspension des concessions minières par le président Chavez en 2011, qui a relâché le contrôle sur la zone, explique la spécialiste Lisseth Boon. Les groupes prennent une commission sur toutes les extractions mais aussi des « vaccins » (impôts ou taxes) sur « tous les commerces et même les travailleuses du sexe ».

Selon l’auteure du livre-enquête « Oro malandro » (Or bandit), des accords tacites existent entre les criminels qui se font appeler « syndicats » et l’État. De son côté, un groupement d’ONG appelle à engager des réformes structurelles du secteur. Il dénonce « un réseau contrôlé par l’État qui a historiquement facilité des flux d’or opaques, la destruction environnementale systémique (...) et des violations des droits humains ».