Si la justice administrative a décidé que le chantier de l’A69 pourrait se poursuivre en 2026, ses opposants ne baissent pas les bras. Reporterre rappelle leurs cinq principales raisons de lutter contre cette autoroute.
1. L’A69 est une absurdité écologique
Plus de 1 500 scientifiques, dont Christophe Cassou, directeur de recherche du CNRS, et Valérie Masson-Delmote, directrice de recherche du CEA, qui ont décrié le projet de chantier de l’A69 dans une tribune publiée dans le Nouvel Obs en octobre 2023. (...)
2. Un projet antisocial
Depuis le début des travaux de l’A69, de nombreux agriculteurs ont vu leurs terrains scindés en deux. D’autres se sont fait exproprier, tout comme certains habitants comme Alexandra, qui a été contrainte de céder son terrain où elle vivait depuis dix ans après de nombreuses négociations. En tout, 820 personnes ont été expropriées. Certains gardent des séquelles psychiques et financières, comme le racontait Reporterre en mars dernier.
Les bulldozers de l’A69 ont aussi enseveli le terrain du club de Football de Montcabrier, village à mi-chemin entre Toulouse et Castres. « Un précieux tissu social rompu », dénonçait Olivier Pech, le président du club. Parce que, dans la petite équipe, paysans, patrons, ouvriers et ingénieurs se côtoyaient.
3. Un chantier coûteux pour une autoroute chère (...)
4. Un projet qui se construit dans la violence
Depuis le début du chantier, l’État a déployé un colossal arsenal répressif pour contrer l’opposition. En 2024, Reporterre estimait ce coût à 276 millions d’euros.
En août dernier, un rapport des Observatoires des pratiques policières (OPP) de Toulouse et du Tarn a rendu publique une analyse des opérations de police lors d’une mobilisation contre l’A69 qui s’est tenue du 4 au 6 juillet. (...)
5. L’A69 a une alternative
Malgré les travaux et les arguments du concessionnaire, qui estime le chantier trop avancé pour l’annuler, il n’est pas trop tard pour faire machine arrière. (...)
Pour les opposants à l’A69, un autre projet est encore possible. Baptisé « Une autre voie », il se base sur trois voies de transports interconnectées et multimodales. Concrètement, la route nationale 126 serait réaménagée pour améliorer l’offre de transports en commun et le covoiturage, les lignes ferroviaires seraient renforcées, et une véloroute nationale de 87 kilomètres entre Toulouse et Mazamet serait créée.