Alors que l’ensemble de la classe politique a fait part de son émotion après l’attaque d’Arras, plusieurs élus LR et RN en ont profité pour mélanger les actualités, pointer les échecs du gouvernement, demander un durcissement régalien et fustiger la gauche.
Le communiqué est tombé quelques heures seulement après l’attaque au couteau commise au lycée Gambetta d’Arras (Pas-de-Calais). Le président du parti Les Républicains (LR), Éric Ciotti, y demande solennellement à Emmanuel Macron « d’activer l’état d’urgence, compte tenu de la période d’immense instabilité que va connaître le monde dans les jours qui viennent », en opérant un rapprochement entre le drame du vendredi 13 octobre et la situation au Proche-Orient. « Après l’attaque terroriste du Hamas contre Israël, tous les éléments convergent pour souligner que nous rentrons dans une nouvelle ère et que la menace terroriste redevient maximale », écrit-il. (...)
Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui s’est exprimé au « 20 heures » de TF1 vendredi soir, tente depuis plusieurs semaines d’obtenir un compromis avec LR sur son projet de loi immigration, qui doit être examiné par le Sénat le 6 novembre. Un texte que le Rassemblement national (RN) souhaiterait lui aussi durcir, en profitant des événements. « L’assaillant était un ancien élève du lycée, étranger, radicalisé, fiché S. Il aurait dû être expulsé, mais la France protège ceux qui arrivent sur son sol avant l’âge de 13 ans, a notamment écrit le député RN Romain Baubry. Le projet de loi immigration doit mettre fin à ces protections insensées, qui coûtent la vie à des innocents ! »
Sur TF1, Gérald Darmanin n’a pas manqué de souligner que cette loi lui permettra « d’expulser tous ceux qui, même arrivés à l’âge de deux ou trois ans, sont étrangers et méritent de retourner dans leur pays d’origine, parce qu’ils ne respectent pas les règles de la République, parce que ce sont des dangers en puissance ». Le ministre de l’intérieur s’est également félicité du fait que la France ait été condamnée par la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) « pour avoir renvoyé des Tchétchènes en Russie », considérant que la protection des Français·es « l’emporte » sur les règles européennes. « Moi, je n’ai pas la main qui tremble », a-t-il ajouté.
Le RN demande la démission de Gérald Darmanin
Sans attendre les futurs débats parlementaires ni même le « 20 heures » de TF1, le président du RN, Jordan Bardella, a réclamé la démission du ministre de l’intérieur peu après l’attentat (...)
Plusieurs autres élu·es du parti de Marine Le Pen, à l’image de Yoann Gilet et Laurent Jacobelli – qui s’est aussi illustré dans cet échange avec un député Renaissance –, se sont engouffrés dans la brèche. « Il y a un lien évident entre le meurtre que nous pleurons aujourd’hui, l’immigration massive dans notre pays et l’absence de lutte efficace contre l’islamisme radical », a également affirmé la députée RN Edwige Diaz, tandis que ses collègues Nicolas Dragon et Lionel Tivoli décrivaient sur les réseaux sociaux un gouvernement « totalement dépassé par les événements », en évoquant notamment les manifestations propalestiniennes des derniers jours.
Du côté du parti Les Républicains, l’attentat d’Arras a surtout permis aux responsables politiques d’attaquer leurs adversaires de La France insoumise. (...)
Peu après l’attaque d’Arras, des images montrant l’homme qui a tué un professeur et grièvement blessé deux autres personnes se sont répandues sur les réseaux sociaux. La police nationale a rapidement demandé à ce qu’elles ne soient pas relayées, mais plusieurs figures de la fachosphère s’en sont emparées, comme elles le font toujours en pareille situation. Des élu·es d’extrême droite, tels l’eurodéputé Gilbert Collard – un temps proche d’Éric Zemmour –, le député Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et ses collègues du RN Laurence Robert-Dehault et Nicolas Meizonnet, ont eux aussi publié ces vidéos.