Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
FranceInfo/AFP
Brésil : 76 ans de prison pour les commanditaires de l’assassinat de Marielle Franco, défenseure de la cause noire et LGBT+
#MarielleFranco #Bresil #gangs
Article mis en ligne le 27 février 2026
dernière modification le 26 février 2026

La Cour suprême du Brésil a condamné ce 25 février deux hommes politiques à 76 ans de prison pour avoir commandité l’assassinat en 2018 de la conseillère municipale de Rio, Marielle Franco, défenseure de la cause noire et LGBT+.

En 2018, l’ex-député Chiquinho Brazao, 62 ans, et son frère Domingos, 60 ans, ancien élu de l’Etat de Rio de Janeiro, ont ordonné l’assassinat de Marielle Franco, 38 ans, en représailles à ses efforts pour contrer les milices de Rio qui contrôlent des zones entières de quartiers populaires de la ville, selon la cour suprême du Brésil. Ils ont été condamnés à 76 années de prison ce mercredi.
Un meurtre qui avait profondément choqué au Brésil et au-delà

Au conseil municipal de la mégapole carioca, Mme Franco s’efforçait d’empêcher l’expansion de lotissements clandestins dans les quartiers pauvres, l’une des principales sources de revenus des milices.

Les Brazao "n’avaient pas seulement des contacts avec la milice. Ils étaient la milice", a affirmé le magistrat Alexandre de Moraes.

Ces organisations criminelles, créées il y a une quarantaine d’années par d’anciens policiers et qui se présentaient initialement comme des groupes d’autodéfense contre le trafic de drogue, sont rapidement devenues de redoutables gangs pratiquant l’extorsion et faisant main basse sur des terrains publics pour y construire illégalement des logements ou des bâtiments commerciaux, tout en bénéficiant du soutien de responsables politiques haut placés.

Selon les juges de la Cour suprême, Marielle Franco a été assassinée pour "adresser un message" à la classe politique de Rio. Ils ont dénoncé le "racisme" et la "misogynie" des accusés. (...)

Lire aussi :

 (Mediapart (abonnés)

(...) Huit ans à vivre au gré des multiples rebondissements d’une enquête poussive, sabotée, malmenée, pratiquement abandonnée, avant d’être revigorée puis, finalement, conclue avec succès. (...)

les investigations ont aussi été polluées par l’attitude du président de l’époque, Jair Bolsonaro. Même hors de cause, il les a perturbées durant tout son mandat, avec ses déclarations fracassantes sur Marielle, ses liens avec les miliciens, sa proximité avec un tueur à gages un temps suspect dans le crime, l’arrestation de Ronnie Lessa dans son voisinage direct et sa volonté affichée de contrôler la police fédérale. « Si la démocratie n’était pas pleinement revenue, on n’en serait certainement pas là », précise d’ailleurs Anielle Franco, sœur de Marielle et aujourd’hui ministre de l’égalité raciale. (...)

Le feuilleton judiciaire, qui a déjà abouti à la condamnation de quatorze personnes, n’est pourtant pas terminé. Il y a deux semaines, le parquet a requis la mise en accusation de Giniton Lages, nommé par Rivaldo Barbosa pour diriger l’enquête. Au-delà des accusés, il reste encore des mystères, à commencer par le destin de l’arme du crime, jamais retrouvée. De nombreux témoins et participants qui auraient pu en révéler davantage ont été assassinés. (...)