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Marie-Claude Saliceti
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CRA : « la privatisation se renforce »
#CRA #migrants #immigration
Article mis en ligne le 1er avril 2026
dernière modification le 28 mars 2026

Entre 2012 et 2015, la sociologue Louise Tassin s’est immergée dans un CRA francilien et s’est intéressée à la rétention à Lesbos et Lampedusa. Elle y a observé des tendances lourdes d’externalisation des responsabilités, de privatisation, de sous-traitance et ce qu’elles produisent. Entretien.

Alors que le nombre de places en rétention a augmenté de plus de 30 % en France depuis 2017 – et ça continue – l’enjeu d’informer sur les réalités des lieux d’enfermement administratif est immense. La sociologue Louise Tassin s’en saisit dans son livre Comment on les enferme (La Découverte, 2026). Entre 2012 et 2015, elle a eu accès à un centre de rétention administratif (CRA) francilien avec une liberté de recherche inédite, où elle s’est heurtée aux réalités infâmes de la privatisation jusqu’à l’intérieur même des murs de la machine à expulser. Des processus qui n’ont fait que s’accentuer depuis, et qu’elle met en perspective avec les lieux de rétention à Lesbos (Grèce) et Lampedusa (Italie). Un travail à lire à l’aune du Pacte européen sur la migration et l’asile et d’une gestion toujours plus immonde des frontières et de celleux qui les subissent1.

Quelle forme prend la privatisation dans les CRA ? (...)