L’on apprenait cette semaine qu’une inspectrice de l’Allier, soutenue par sa hiérarchie, a refusé au nom d’on ne sait quoi, de la neutralité, voire de la laïcité – on ne comprend pas bien ce que celle-ci a à avoir là-dedans – que des enfants d’école primaire chantent pour leurs parents métallos bientôt jetés au chômage Les mains d’or du poète-interprète, Bernard Lavilliers.
Disons d’abord, comme le démontrent les historiens Johann Chapoutot et Pierre Serna : voilà un bel exemple de l’extrême-centre en action. Il devient même inquiétant que des fonctionnaires deviennent à ce point si serviles ; qu’ils aient à ce point perdu tout recul critique face aux injonctions de leur hiérarchie bien ignorante des fondamentaux de l’action pédagogique et des missions historiques de l’école publique. (...)
Y a-t-il quelque chose de plus inhumain, d’invraisemblable pédagogiquement, que de priver des enfants de travailleurs de chanter en soutien à leurs parents et ainsi d’apprendre concrètement à quoi sert l’instruction civique ? Eh bien, voilà donc ce que l’Inspection d’Académie de l’Allier, soutenue sans aucun doute possible par le Ministère extrême-centriste, s’est permis. Ces mêmes rectorats ne sont pas si prompts à contrôler ce qui se chante dans certains établissements catholiques sous et hors contrat. (...)