Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, a regretté mercredi qu’en raison de la guerre entre le Hamas et Israël, la bande de Gaza soit privée d’eau.
Le député Pierre-Henri Dumont (LR) a assuré qu’en "temps normal, Israël ne livre que 8% de l’eau consommée à Gaza".
Nous avons voulu vérifier ce chiffre
Une déclaration à la tribune du Parlement européen à laquelle a réagi Pierre-Henri Dumont. Sur le réseau social X, l’élu Les Républicains du Pas-de-Calais a assuré :"En temps normal, Israël ne livre que 8% de l’eau consommée à Gaza", a écrit le député, membre de la délégation parlementaire qui s’est rendue en Israël après l’attaque du 7 octobre, ajoutant que "le reste est livré par l’Égypte ou produite par l’usine de dessalement de Gaza". Qu’en est-il réellement ?
Des usines d’assainissement dépendantes du carburant
Ces chiffres sont corroborés par l’Autorité palestinienne de l’eau elle-même. Selon les statistiques de l’agence chargée de la gestion des ressources en eau se trouvant dans les territoires palestiniens, sur les plus de 214 millions de m3 d’eau consommés en 2021 dans la bande de Gaza, 14 millions ont été achetés à Mekorot, la compagnie nationale des eaux d’Israël. Ce qui représente bien 6,5% de la consommation du territoire enclavé. (...)
Si Israël n’est responsable que d’un dixième de l’eau utilisée, comment expliquer la pénurie que subissent les habitants ? Penchons-nous donc sur les autres ressources. Toujours selon l’agence chargée de ces questions sur les territoires palestiniens, 90% de l’eau disponible dans la bande de Gaza provient des puits d’extraction des eaux souterraines. Le reste est issu d’usines de dessalement. Or, la qualité de l’eau extraite des puits "est impropre à la consommation", selon un rapport de la Banque mondiale. Dans un document consacré à la sécurité de ces ressources, la Banque mondiale explique qu’en raison "de l’augmentation de la demande", les eaux souterraines sont puisées à un taux trois fois trop rapide, "provoquant ainsi l’intrusion d’eau de mer" et de "pollution par les eaux usées". Une situation qui a provoqué une détérioration de l’eau potable. Désormais, seuls "4% des 180 m3 d’eau prélevés en moyenne chaque année répondent aux normes de qualité de l’eau potable".
Par ailleurs, il est important de souligner que les deux autres ressources d’eau de Gaza ne rendent pas l’enclave indépendante. Pour les produire, il faut faire fonctionner les usines de traitement des eaux usées, qui permettent d’assainir l’eau des puits, et les usines de dessalement. Deux infrastructures qui, pour tourner, ont besoin de carburant. Une matière première dont la bande de Gaza est également privée depuis l’offensive sanglante du Hamas.