Alors que près de deux cents actes antisémites ont été recensés depuis une semaine, la communauté juive a réactivé des formes d’auto-organisation pour assurer sa sécurité. Depuis le début des années 2000, elle s’est habituée aux répliques du conflit israélo-palestinien dans l’Hexagone.
Depuis les attaques terroristes du Hamas, la communauté juive française, inquiète des conséquences de la flambée de violences en Israël-Palestine, a renforcé ses mesures de sécurité.
Intrusions dans des synagogues, slogans, tags ou lettres de menace… Selon le ministre de l’intérieur, qui a tenu samedi une conférence de presse, 189 actes antisémites ont été recensés depuis le week-end dernier et 65 interpellations ont eu lieu dans ce cadre. En milieu de semaine, Gérald Darmanin avait indiqué que 10 000 policiers protégeaient désormais quelque 500 lieux communautaires. (...)
Depuis la seconde intifada, et la multiplication d’actes antisémites qui s’est ensuivie en France, le SPCJ travaille en étroite collaboration avec l’État pour assurer la sécurité des lieux de la communauté juive. Créé après l’attentat meurtrier de la rue Copernic de 1980, le SPCJ, soutenu par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et le Fond social juif unifié, avait longtemps plaidé en vain pour qu’un tel partenariat soit mis en place.
Au-delà de la présence appréciée des forces de l’ordre devant certains lieux, ce sont surtout les formes d’auto-organisation au sein de la communauté juive qui se sont réactivées ces derniers jours. (...)
De petits réflexes sont revenus chez les parents, comme demander aux enfants d’enlever leur étoile de David de leur cou et tout signe visible de leur judéité. « J’ai même ressorti le papier kraft pour couvrir mes livres hébraïques lorsque je prends le métro. C’est terrible parce que c’est une attitude qu’avait adoptée mon père, un enfant caché pendant la guerre, nous raconte une enseignante. Pour moi, c’est une machine à remonter le temps qui se met en marche à chaque fois. »