Depuis ce jeudi 12 février, une commission d’enquête parlementaire se penche sur les accords du Touquet et ses effets. Durant cinq mois, elle va passer au crible l’efficacité et le coût de ce traité bilatéral entre la France et la Grande-Bretagne, qui organise depuis 2003 la gestion de la frontière franco-britannique et donc, le flux des personnes souhaitant rejoindre le territoire britannique depuis les côtes du nord de la France.
(...) Toujours plus de moyens sécuritaires
En plus de 20 ans, le littoral du nord de la France s’est doté de nombreux moyens de surveillance : des barbelés, des drones, des patrouilles de forces de l’ordre et des caméras de surveillance. Mais la problématique demeure. Les traversées de la Manche, à bord de smallboats, des bateaux pneumatiques surchargés, se poursuivent et n’ont même jamais été aussi nombreuses.
Selon le ministère de l’Intérieur britannique, près de 40 000 personnes ont effectué la traversée en 2025 ; un record. Vingt-six personnes y ont perdu la vie. Elles étaient quatre-vingt-neuf en 2024.
Évaluer une politique publique « inefficace »
Pour Elsa Faucillon, la députée du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée, à l’origine de la commission d’enquête parlementaire, il était temps d’évaluer ces accords, qui selon elle ont transformé la France en « bras armé » de la politique migratoire britannique. « C’est une politique publique, donc on ne connaît finalement que très peu de choses ; les sommes qui sont données par les Britanniques, à quoi elles servent précisément, ce que dégage aussi le gouvernement français, explique l’élue. Il s’agit aussi d’évaluer des politiques qui perdurent, pour très peu d’efficacité, au regard des objectifs affichés. »
Elsa Faucillon note que si le but des accords du Touquet est d’empêcher les traversées, cela ne fonctionne pas. En revanche, cette politique a, selon elle, un réel effet néfaste sur des milliers de personnes. (...)