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Israël – Palestine : l’indignité des réactions en France
#Israel #Hamas #Palestine #Liban
Article mis en ligne le 16 octobre 2023

À la suite des attaques du Hamas le 7 octobre 2023 et de la mise en place d’un état de siège sur Gaza par l’Etat colon d’Israël et son gouvernement d’extrême droite, beaucoup des réactions en France sont lamentables. Le conflit est importé à des fins de politique intérieure. Les macronistes et la droite y voient une opportunité d’aller toujours plus loin dans la répression de l’opposition politique et les partis bourgeois de la Nupes une occasion de régler leurs comptes avec la France Insoumise. À l’international on trouve le même genre de soutien aveugle à la politique sanguinaire d’Israël chez les gouvernements des pays historiquement impérialistes, mais aussi quelques voix dissonantes en leur sein et ailleurs.

La France est depuis bien longtemps une parodie de démocratie.
Les évènements en Palestine – Israël sont l’occasion pour la macronie de poursuivre son délire autoritaire en judiciarisant toute opinion contraire à la sienne et à son soutien au colonialisme.

Les manifestations en soutien à la Palestine se voient interdites : en France, seules les manifestations qui sont du même avis que le pouvoir semblent être désormais autorisées.
Gérald Darmanin, lui-même accusé d’antisémitisme en raison de certains de ses écrits, associe tout soutien à la Palestine à des “actes antisémites” : le “déploiement de banderoles de soutien aux palestiniens” (avec écrit “La Palestine aux Palestiniens”) est par exemple considéré comme tel… Ce qui vaut interpellation par la police.
Il a annoncé que les manifestations en faveur de la Palestine seraient systématiquement interdites et les organisateurs arrêtés.

Les médias dominants s’en donnent aussi à cœur joie. Sur la chaîne d’extrême droite CNews, un invité appelle à exterminer physiquement les partisans de Jean-Luc Mélenchon et les militants d’extrême gauche en raison de leur position sur le conflit (qu’il déforme absolument par ailleurs). Sur BFM, l’émission de Laurent Ruquier, on cherche tous les noirs et les arabes connus pour voir s’ils ont assez défendu Israël sur les réseaux sociaux. On se demande quel est le sous entendu…

Même les simples événements culturels, comme une pauvre exposition sur la Palestine à l’Institut du Monde Arabe, se voient être annulés. L’objectif est clair : pour justifier les massacres à venir, il faut déshumaniser les Palestiniens. Ils n’existent plus en tant que tels, ils sont tout entier “le Hamas”. (...)

la macronie est allée encore plus loin que jamais en parlant même d’interdire et de dissoudre certains partis politiques d’opposition. On sait d’ores et déjà que ne seront pas visés le RN (issu du FN, fondé par des collabos et des SS) ni Reconquête d’Eric Zemmour qui réhabilite Pétain. Le NPA est nommément ciblé, on se doute que Révolution Permanente, et le Parti des Indigènes de la République sont aussi dans le viseur. Rappelons à toutes fins utiles que des partis politiques d’opposition ont pour rôle de s’opposer (...)

Le NPA a été obligé de réagir via Olivier Besancenot : “Pas plus qu’hier nous ne faisons l’apologie des tueries de civils ou des kidnappings du Hamas que nous avons toujours condamnés. La seule apologie dont nous sommes coupables est celle de notre soutien indéfectible pour la lutte du peuple palestinien contre la colonisation d’Israël”.

La police judiciaire est ainsi saisie au sujet du Nouveau Parti Anticapitaliste pour “apologie” et “provocation aux actes terroristes”. (...)

La menace de dissolution de partis politiques est quelque chose de gravissime. Aucun parti de gauche majeur n’a été dissous en France depuis 1939 (dans un contexte ultra-fascisant). Pourtant de nombreux partis de gauche ont tenu au cours de l’histoire française des positions beaucoup plus affirmées et dures sur l’anticolonialisme. (...)

La classe médiatique et politique s’est particulièrement acharnée contre la France Insoumise, Eric Ciotti des Républicains demandant par exemple carrément à ce que “les amis de Mélenchon” soient poursuivis pour “apologie du terrorisme”.
L’organisation s’est aussi retrouvée attaquée très violemment pour avoir refusé d’employer le mot “terrorisme” pour les attaques du Hamas, lui préférant celui de “crimes de guerre”. Cela a donné lieu à des séances de justification parfois assez maladroites et confuses de la part des responsables de FI. Pourtant il faut expliquer inlassablement y compris lorsque l’on parle de sujets extrêmement complexes et sensibles. (...)

Tentative de clarification donc :
Tuer des enfants, des jeunes festivaliers etc. ce sont évidemment des crimes de guerre, des exactions, du terrorisme… Mais le problème du mot terrorisme est qu’il peut être utilisé pour désigner des actions de natures très différentes, qui visent des populations civiles, ou qui visent des infrastructures, des cibles militaires etc. Il est donc flou.
C’est pourquoi Nelson Mandela était considéré comme “terroriste”, que la résistance française était qualifiée de “terroriste”, qu’encore aujourd’hui on entend ce mot pour désigner les écologistes qui font de la désobéissance civile.

Bref on voit bien que le mot seul peut vouloir dire tout et n’importe quoi. (...)

On pourrait sinon admettre une définition plus commune de terrorisme : une action qui prend pour cible indistinctement des civils et qui cherche à terroriser. De ce point de vue, des terroristes se revendiquent d’ailleurs comme tels. (...)

La France Insoumise a été aussi attaquée pour avoir refusé d’applaudir “le soutien inconditionnel” à Israël : “inconditionnel” veut dire ce que ça veut dire – sans conditions. Il faudrait soutenir Israël dans n’importe quelle condition, peu importe que l’armée massacre des civils, assoiffe Gaza etc. Il faudrait trouver soudainement légitime, si c’est l’Etat d’Israël qui le fait, ce que l’on trouvait illégitime la seconde d’avant : tuer des civils innocents.

Ce que fait actuellement l’Etat d’Israël avec les bombardements et le siège de Gaza constituent de manière évidente des crimes de guerre à l’encontre de populations civiles sur le plan du droit international (...)

Les réactions internationales

On a vu comment cela se passe en France. Qu’en est-il ailleurs ? La situation est-elle similaire ?

Les pays historiquement coloniaux et soutiens du colonialisme israélien ont fait bloc derrière Netanyahu, donnant une sorte de blanc-seing aux massacres annoncés des Palestiniens. (...)