Dans un article paru dans Haaretz, des soldats israéliens ayant été déployés à Gaza racontent les crimes génocidaires qu’ils ont commis. Des révélations qui prouvent une nouvelle fois l’ampleur et l’intentionnalité du génocide mais qui témoignent aussi des contradictions du pourrissement de la société israélienne.
Après deux années de génocide, de plus en plus de témoignages de soldats israéliens émergent dans lesquels ils racontent les crimes qu’ils ont commis ou dont ils ont été témoins à Gaza. La série d’entretiens réalisés par le quotidien israélien Haaretz participe de cette dynamique : les récits de ceux qui ont commis le génocide plante un dernier clou dans la propagande impérialiste négationniste.
Ainsi, les exécutions de Palestiniens dans les files de distribution alimentaire sont maintenant racontées par un sniper de l’armée israélienne : « Je tirais 50 à 60 balles par jour, j’ai arrêté de compter le nombre de morts. Je n’ai aucune idée du nombre de personnes que j’ai tué, mais beaucoup. Des enfants ». Ce témoignage glaçant nous plonge dans la réalité des massacres de Gaza. (...)
Les témoignages révélés par Haaretz mettent aussi en évidence le caractère institutionnalisé des massacres et l’implication de toute la chaine de commandement (...)
En plus des meurtres et des bombardements, un soldat israélien raconte aussi les pratiques de pillages et de destruction des habitations palestiniennes : « On allait dans les maisons palestiniennes et les gens prenaient du plaisir à les détruire ». Il poursuit : « J’ai vu des gens voler le matériel électrique, les bijoux, l’argent, tout. [...] J’étais dégouté mais je ne disais rien. J’étais particulièrement peiné de les voir bruler des photos de Palestiniens ou d’uriner dessus. Qu’y a-t-il de bon là-dedans ? ». Un autre témoin fait état des pratiques les plus brutales visant les Palestiniens interrogés : il a assisté à de la torture à caractère sexuel afin d’extorquer des aveux aux prisonniers.
Marqués par leurs propres actes génocidaires, certains soldats déployés à l’extérieur de Gaza témoignent de la banalisation des crimes commis quotidiennement. (...)
Les faits décrits ne sont pas nouveaux et constituent tout au plus une preuve supplémentaire d’un génocide déjà largement documenté depuis deux ans et demi. Dans la presse israélienne, les témoignages concernant les crimes commis au sein de Tsahal sont présentés sous l’angle de leurs conséquences psychologiques chez les auteurs mêmes du génocide. Une approche qui tend à mettre au second plan les victimes palestiniennes mais qui révèle aussi l’ampleur de la crise morale à laquelle Israël doit faire face aujourd’hui dans ses propres rangs. (...)
Image : / IDF Spokesperson’s Unit