La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a qualifié d’accusations « grotesques » les attaques du chef de la diplomatie française qui l’avait faussement accusée d’antisémite à la suite de sa contestation contre le système qui a permis le génocide en Palestine. Elle a déclaré qu’elle ne démissionnerait pas car elle conserve « la confiance du Conseil des droits de l’homme ».
Selon elle, ces accusations venant de Paris, Berlin et Prague visent à « détourner l’attention » des rapports qu’elle a rédigés sur la situation à Gaza, que l’ONU qualifie de génocide.
« Ne parlons pas de moi, mais des sept rapports accablants dans lesquels j’ai recensé 62 États, dont la France, qui ont apporté un soutien politique, stratégique et militaire à Israël », a déclaré Mme Albanese à Europe Today, ce vendredi 20 février. « C’est à cela que la France et les autres gouvernements doivent répondre. »
« Le fait que l’on s’intéresse davantage à quelque chose que je n’ai pas dit qu’aux pratiques d’un État (régime, ndlr) accusé de crimes contre l’humanité et de génocide est révélateur », a-t-elle également déclaré, ajoutant que « l’impunité tue ».
La polémique a débuté après qu’un groupe de députés français du camp présidentiel a envoyé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, accusant Francesca Albanese de tenir des propos « antisémites » lors d’un forum organisé par l’agence de presse qatarie Al Jazeera.
L’une des députées concernées, Caroline Yadan, a alors cité deux extraits vidéo du forum pour étayer son allégation. Mais l’une de ces vidéos s’est depuis révélé être fausse. Une comparaison entre le clip édité et l’enregistrement complet du discours de Francesca Albanese indique que l’extrait a été manipulé à l’aide d’une intelligence artificielle.
En réalité, Francesca Albanese, qui a partagé l’extrait de son discours, a affirmé que « l’ennemi commun de l’humanité est le système qui a permis le génocide en Palestine, y compris le capital financier qui le finance, les algorithmes qui le dissimulent et les armes qui le rendent possible ». (...)
Les soutiens de Francesca Albanese affirment qu’elle est la cible d’une campagne de diffamation et la décrivent comme « la dernière barrière à l’impunité d’Israël ».
Le Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme, composé de six experts indépendants, a condamné les attaques contre Mme Albanese. (...)
Le Bureau de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme a, lui, exprimé sa « vive préoccupation » après les propos de Jean-Noël Barrot, qui « reposent sur une désinformation manifeste ». (...)
Ce mercredi, plus de 150 personnalités, dont une centaine d’ex-diplomates, ministres et ambassadeurs ont accusé Jean-Noël Barrot de « désinformation ». (...)