Débat blesse. Initialement prévu mercredi, le débat parlementaire sur la pétition aux deux millions de signatures est finalement repoussé à février. Raison invoquée : permettre la présence de la ministre de l’agriculture, en déplacement à Bruxelles.
Un recul de plus. Le débat sur la pétition contre la loi Duplomb, qui avait recueilli plus de deux millions de signatures l’été dernier contre ce texte agricole décrié, devait se tenir mercredi 7 janvier dans le grand hémicycle de l’Assemblée nationale. Il a finalement été repoussé au mois de février.
C’est l’entourage de la députée (La France insoumise) Aurélie Trouvé, co-rapporteure du dossier et figure de l’opposition à la loi Duplomb, qui a appris la nouvelle à l’Agence France-Presse. « Le débat programmé en hémicycle mercredi 7 janvier sur la loi Duplomb est reporté à la semaine de contrôle [de l’Assemblée nationale, NDLR] de février, afin de permettre la présence de la ministre [de l’agriculture Annie] Genevard. Sans doute le 10 ou le 11 », précise-t-on. (...)
L’exécutif est par ailleurs au cœur de la tempête agricole, alors que l’ensemble des syndicats de la profession sont reçus à Matignon ces 5 et 6 janvier. Tous ont annoncé des mobilisations partout en France pour dénoncer la signature prochaine de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les cinq pays d’Amérique du Sud du Mercosur (notre article). Ils contestent aussi la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse.
« Nous avons l’impression de revivre la loi Duplomb »
Adoptée par les parlementaires le 8 juillet 2025, puis promulguée par le président de la République, la loi Duplomb (du nom de son co-rédacteur, le sénateur Laurent Duplomb) a fait l’objet d’un vaste mouvement de protestation l’été dernier. La pétition réclamant son abrogation a réuni 2,13 millions de signatures, permettant un débat à l’Assemblée nationale – ce qui serait une première dans l’histoire de la Vème République.
À l’issue d’un long processus parlementaire, les député·es se sont accordé·es sur l’organisation de ce débat, six mois après le lancement de la pétition (notre article). Pour Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer colère et nouvelle figure du combat contre les pollutions chimiques, ce report inattendu au mois de février est « un scandale, une baffe dans la tête des plus de deux millions de Français qui ont signé la pétition ».
« Cela fait plus d’un an que nous attendons ce débat, et il n’arrive toujours pas. » (...)
Cancer colère avait prévu un rassemblement et une « chorale citoyenne » près de l’Assemblée nationale mercredi, avant le débat initialement prévu l’après-midi. Malgré le report de ce dernier, une action sera maintenue en soutien aux mobilisations paysannes prévues en parallèle, notamment par la Confédération paysanne, annonce Fleur Breteau : « Les malades ont toute légitimité à rejoindre les paysannes et paysans. Si eux disparaissent, nous sommes cuits. »