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"Les autorités nous accusent de tous les problèmes" : témoignages de migrants sénégalais expulsés de Mauritanie
#Senegal #Mauritanie #migrants #immigration
Article mis en ligne le 14 février 2026
dernière modification le 10 février 2026

Depuis le durcissement de sa politique migratoire en 2025, la Mauritanie a mené d’importantes vagues d’expulsions d’exilés irréguliers, mais aussi parfois de personnes en règle. Ceux-ci dénoncent un quotidien devenu très difficile dans un contexte général d’hostilité de la population, de violences et harcèlement des autorités à leur égard. InfoMigrants a recueilli les témoignages de trois ressortissants sénégalais, tous pêcheurs, victimes de cette politique anti-migrants.

Du fait de la proximité géographique entre les deux pays, les Sénégalais sont parmi les étrangers les plus nombreux à vivre en Mauritanie et travaillent le plus souvent dans le secteur de la pêche.

InfoMigrants a recueilli les témoignages de trois ressortissants sénégalais, tous pêcheurs, victimes de cette politique anti-migrants déployée, avec le soutien de l’Union européenne, afin d’empêcher les départs de canots vers les Canaries. (...)

Sur place la situation est très dure, les étrangers ont beaucoup de soucis au quotidien. C’est facile de rentrer dans le pays mais y rester est devenu très compliqué car les contrôles sont nombreux et quotidiens. Les Mauritaniens ne respectent pas les étrangers, ils nous accusent de tous les problèmes. Les Noirs sont des esclaves dans ce pays.

Un ami a été arrêté et embarqué car il n’était pas en règle. Il a été mis en cellule et vite expulsé au Sénégal. Sa femme et son enfant n’ont pas été informés et ils se sont retrouvés seuls, sans soutien du jour au lendemain. (...)

Malgré le renforcement des contrôles, je pense qu’il y a encore des opportunités pour partir en Europe. La Mauritanie, comme le Sénégal, sont des pays corrompus, il y a toujours des gens, comme des policiers que l’on paye, pour organiser des départs de pirogues. (...)

Il n’y a pas de respect des règles ni des étrangers. Certains ont des documents en règle, des récépissés mais les autorités refusent de les prendre en compte. Avec eux on est toujours fautifs. Ils nous rackettent, rentrent dans nos maisons et nous réveillent la nuit. Nous ne sommes jamais laissés tranquilles.

Les relations avec la population sont difficiles, ça ne se passe pas bien. Ils dénoncent les étrangers aux forces de l’ordre et nous accusent d’être des bandits. Ils ne veulent pas nous voir. (...)

La gendarmerie mauritanienne a débarqué dans la maison où nous logions avec une trentaine d’autres personnes, principalement des Sénégalais, en pleine nuit. Ils nous avaient suivi depuis le quai de pêche, où nous avions débarqué. Ils ont forcé la porte, ne nous ont posé aucune question puis ont commencé à nous taper. J’ai été frappé dans le dos avec une matraque. Une personne a eu le bras cassé à cause des coups violents reçus.

La Mauritanie est vivement critiquée par les associations des droits de l’Homme pour son traitement des migrants. Dans un rapport publié en septembre 2002, l’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse les autorités mauritaniennes d’avoir commis de "graves violations des droits humains" à l’encontre de migrants et de demandeurs d’asile entre 2020 et début 2025. (...)