Mona Chollet, votre texte m’incite à essayer de vous répondre. Non que je me sente le droit de vous apprendre quoi que ce soit, encore moins celui de contester votre souffrance. Mais parce qu’il me semble que vous avez exprimé une synthèse à l’état pur d’une sorte de catéchisme qui comporte, selon moi, les dangers propres à cette catégorie de discours. Je m’explique.
Mona Chollet,
votre texte m’incite à essayer de vous répondre. Non que je me sente le droit de vous apprendre quoi que ce soit, encore moins celui de contester votre souffrance, qui, dites-vous, confine à la folie. Mais parce qu’il me semble que vous avez exprimé une synthèse à l’état pur d’une sorte de catéchisme qui comporte, selon moi, les dangers de cette catégorie de discours. En premier lieu, le fait qu’on ne puisse le contester fortement sans appartenir au camp du mal. En effet, votre vision de ces événements tragiques paraît entièrement fondée sur une dialectique entre oppresseurs et opprimés, occupants et occupés, pot de fer contre pot de terre. Une dialectique que la guerre à Gaza illustrerait si absolument qu’on ne saurait rien penser en dehors d’elle, dans la vibration éthique évidente qui nous porte aux côtés des victimes innocentes.
Le défi, comme souvent avec la morale, étant qu’elle ne nous aveugle pas. (...)