Le parquet de Paris a ouvert une enquête après la plainte d’un gendarme de la prestigieuse Garde républicaine pour diffamation non publique en raison de la race, après qu’il a reçu une lettre anonyme raciste dans la boîte aux lettres de son logement de fonction.
L’agencement de cette caserne de la Garde républicaine à Paris ne laisse pas de place au doute : « Aucun civil ne peut avoir accès aux boîtes aux lettres », explique Ryan*. Le gendarme habite depuis six ans dans cet établissement où trois cents officiers et officières bénéficient d’un appartement de fonction.
C’est dans sa boîte, à l’intérieur de la caserne, que Ryan a trouvé, le 16 décembre 2025, une feuille A4 blanche pliée en quatre avec ces mots imprimés en majuscules : « On est en France ici habille-toi comme tel sale bougnoule. » (...)
« Ça fait six ans que je subis directement de la discrimination et du racisme, dénonce le gendarme. J’ai l’impression que tous les jours je dois me racheter une réputation. » (...)
Le 17 décembre 2025, il est allé porter plainte à la police nationale pour trois chefs : diffamation non publique en raison de l’ethnie, la nation, la race ou la religion, harcèlement moral et violence sur un militaire de la gendarmerie nationale, sans incapacité (ITT) aggravée par une circonstance.
Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, confiée à la gendarmerie. Sollicitée, la gendarmerie nationale confirme que l’enquête est « toujours en cours », sans souhaiter répondre sur des exemples précis. (...)
Microagressions racistes répétées (...)
« Dès que je suis arrivé, on m’a fait comprendre que je serais un peu “trop arabe” pour certaines personnes ici », regrette Ryan (...)
« Mon médecin m’a dit que je commençais à faire une dépression. J’arrive pas à dormir, j’ai perdu et je reprends du poids… (...)
« Démissionner, c’est impossible pour moi, ce serait avouer qu’ils ont gagné, souligne Ryan. J’avais des ambitions. Pourquoi je vais leur donner ce qu’ils attendent ? Je veux aller au procès. » (...)
Les auditions dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet ont d’ores et déjà commencé. (...)