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OrientXXI/Rami Abou Jamous
« Malgré le génocide, les Gazaouis veulent revenir sur leurs terres »
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu
Article mis en ligne le 18 février 2026

Récemment, j’ai reçu beaucoup d’appels téléphoniques d’amis de France ou d’ailleurs, qui me congratulent pour le cessez-le-feu et le retour de la prospérité à Gaza. Ils me parlent de ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux : des malls ouverts, de la nourriture pour tout le monde... Malheureusement, tout cela n’est qu’une façade.

Il est vrai que quelques restaurants ont rouvert. Des épiceries aussi. Ici, on les appelle des « malls » [centres commerciaux] dès qu’elles dépassent les 500 mètres carrés. On y trouve en effet beaucoup de choses, en majorité des produits israéliens. Car Israël a permis au secteur privé palestinien d’importer massivement. Mais pas tout, loin de là. On trouve du chocolat, du Nutella et du ketchup. Je peux offrir du chocolat à Walid. Mais pas d’antibiotiques. Pas même un comprimé d’aspirine.

C’est ce que cherchent les Israéliens : faire croire qu’à Gaza maintenant, c’est le paradis. Mais c’est du trompe-l’œil. C’est comme construire un gratte-ciel au milieu des ruines. Ces produits, seuls 1 % des Gazaouis peuvent les acheter : ceux qui ont encore de l’argent de côté… et les profiteurs de guerre.
Seulement quelques vitrines éclairées dans l’obscurité des quartiers affamés

L’immense majorité de la population dépend toujours de l’aide humanitaire. Les Gazaouis ont tout perdu, leurs proches, leurs maisons, leurs commerces, leur travail. Ceux qui avaient des économies les ont dépensées pour survivre. Et les Israéliens disent au monde entier : « Regardez ! Il n’y a plus de blocus à Gaza ! »

Tout ce qu’ils vous montrent à Gaza, ce ne sont que des mensonges, et cela dure depuis longtemps. Pendant le génocide, ils disaient : « Il n’y a pas de génocide ! », pendant la famine, « Il n’y a pas de famine ! », pendant les tueries, « il n’y a pas de tueries ! », pendant les déplacements forcés de centaines de milliers de personnes, « il n’y a pas de déplacements forcés ! ». Et aujourd’hui, ils disent qu’il y a un cessez-le-feu, et la prospérité à Gaza.

En réalité, il n’y a ni cessez-le-feu ni retour de l’abondance. (...)

L’objectif des Israéliens, c’est toujours la déportation de la population, présentée comme un exil « volontaire ». Ils continuent à tout faire pour décourager les Gazaouis. Tous les jours, malgré le prétendu cessez-le-feu, des snipers et des drones quadricoptères tuent des Palestiniens. Tous les jours, il y a des bombardements, avec la complicité du monde entier. Je parle de Gaza parce que je suis à Gaza, mais en Cisjordanie, des milliers de personnes sont en train de quitter leurs villages et les camps de réfugiés, chassées par les attaques israéliennes. L’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés, est dissoute de force par Israël. Une nouvelle loi votée par le Parlement va permettre d’annexer de facto la Cisjordanie, sans déclaration officielle. Désormais, un Israélien pourra acquérir facilement un terrain palestinien dont le propriétaire est considéré comme absent.

Israël est en train d’expulser les Palestiniens. À Gaza avec le génocide, en Cisjordanie avec les attaques des colons et un nouvel arsenal juridique. (...)

La complicité internationale face à cette accélération de la dépossession des Palestiniens aura aussi des conséquences pour l’Occident et pour le monde. Israël ne s’arrêtera pas là.