En bombardant le Venezuela et en capturant son président Maduro, les États-Unis viennent de commencer l’année en mettant en action le corollaire Trump de la doctrine Monroe sur « leur hémisphère ».
Alors que la pression des Russes s’accroît sur l’Ukraine au même moment, les responsables européens sont confrontés à des choix potentiellement radicaux pour préserver la liberté du continent.
1 — 2026 : année de la soumission ou de la souveraineté européenne ?
Si l’on a pu observer les premières lignes stratégiques de l’administration Trump II dès le début de l’année 2025 — le discours du vice-président JD Vance à la conférence de sécurité de Munich ayant particulièrement fait basculer les perceptions européennes — la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis, publiée début décembre 2025 est venue désormais formaliser cette orientation en tant que cadre directeur durable de la politique étrangère de Trump.
Certes, il reste à voir jusqu’à quel point cette stratégie sera mise en œuvre — sachant que de tels documents servent souvent davantage d’outils de communication plutôt que de véritables plans politiques.
Toujours est-il que le ton frontalement hostile adopté par Washington à l’égard de l’Union européenne en tant que projet politique impose une réévaluation stratégique profonde de la relation transatlantique. (...)
2 — L’Europe militaire : quel cadre pour les futures opérations ?
Alors qu’un monde où Européens devront assumer plus de responsabilités pour leur propre sécurité se dessine, le recours éventuel à la force militaire se trouve défini à nouveaux frais. (...)
3 — Entre l’Union et le Royaume-Uni, un rapprochement difficile (...)
4 — Une stratégie russe pour l’Europe hors de l’OTAN (...)
5 — Le futur européen de l’Ukraine
Depuis un an, il semble que l’avenir de l’Ukraine se joue surtout à Washington et à Moscou — et que la marge de manœuvre de l’Ukraine pour déterminer l’avenir du pays soit restreinte, tout comme celle des Européens. (...)
avec l’adhésion de l’Ukraine, les États membres seraient contraints de réfléchir à quand, sous quelles conditions et comment ils seraient obligés de soutenir le pays en cas de nouvelle attaque russe.
6 — L’industrie de défense en 2026 : le temps de l’incitation (...)
7 — L’hypothèse fragile et incertaine d’un leadership allemand
Depuis son arrivée à la tête du gouvernement fédéral d’Allemagne, le conservateur Friedrich Merz a fait de la politique étrangère un pilier central de son mandat.
L’une de ses priorités est de renforcer le leadership allemand en Europe. (...)
8 — La question chinoise devient centrale pour la défense européenne
Les relations entre l’Union et la Chine se sont progressivement dégradées depuis 2020, lorsque la pandémie de Covid a exposé les vulnérabilités économiques de l’Europe et sa dépendance à l’égard de Pékin.
Elles restent aujourd’hui difficiles, de même que celles entre la Chine et chacun des États-membres. Les tensions se concentrent sur les enjeux commerciaux — y compris la réciprocité, les surcapacités industrielles ou les investissements dans les technologies critiques —, la dépendance européenne dans le secteur des minéraux critiques, les questions du respect des droits de l’Homme ou celles de sécurité en Indo-Pacifique. (...)
Tout récemment, le secrétaire général adjoint de l’OTAN a averti les pays membres de l’Alliance que la Chine constituait une menace aussi importante que la Russie pour la sécurité européenne même si cette menace se manifestait principalement dans le domaine énergétique.
Une question stratégique clef pour 2026 est de savoir jusqu’à quel point l’Union ou les pays européens pris individuellement prendront Pékin en considération pour élaborer leur politique de sécurité, et jusqu’à quel point la République populaire sera perçue comme une menace directe.
À l’issue de ce processus, l’Union pourra chercher ou bien à rééquilibrer et stabiliser ses relations avec Pékin — ou bien à approfondir la rupture.
La volatilité de la stratégie américaine vis-à-vis de la Chine constitue un autre défi stratégique (...)
9 — Les partenariats et le « réseau de sécurité » européen : une nouvelle matrice stratégique face à Trump (...)
10 — Les budgets nationaux resteront sous pression
La décision prise à l’été 2025 par les pays membres de l’OTAN d’augmenter leurs dépenses militaires à 3,5 % du PIB, et les dépenses liées à la défense, notamment dans le domaine hybride, à 1,5 % — ce afin d’atteindre un montant total de 5 % du PIB — a été décrite comme une étape cruciale pour renforcer la défense européenne.
Du reste, cette décision a sans doute permis aux Européens de se concilier l’administration Trump et d’acheter la continuité des garanties américaines — au moins sur le moyen terme
D’un côté, la menace russe et le risque d’un désengagement américain sont réels : plusieurs hauts responsables militaires européens ont d’ores et déjà mis en garde les citoyens de l’Union contre une potentielle attaque russe d’ici 2029.
De l’autre, l’investissement dans la défense au détriment des dépenses sociales — systèmes de retraite ou minima sociaux — pourrait susciter une contestation sociale accrue, bénéficiant à l’extrême droite.
Pour surmonter ce choc prévisible, il s’agit de mettre en œuvre des approches macroéconomiques innovantes et de faire preuve de courage politique pour assumer des décisions difficiles.
L’année 2026 montrera si les dirigeants européens en sont capables.