– Ils ne veulent pas s’intégrer !
– Ils aggravent le chômage !
– La sécurité est menacée !
De qui parle-t-on ? Des Italiens ? Des Polonais ? Des Espagnols ? Des Portugais ? Des Maghrébins ? Des Maliens ?
– Non, on parle des Allemands !
Oui, à la fin du 19eme siècle, c’était « l’Allemand » qui était la cible de la xénophobie. D’autres se succéderont dans cette chaîne de haine ordinaire jusqu’à nos jours. « Il y a toujours un groupe qui symbolise le rejet en fonction de la conjoncture du moment », dit l’historien Gérard Noiriel.
Pour ça, il suffit de mobiliser les émotions, prendre un fait-divers et généraliser pour dénoncer un groupe qui va faire bouc émissaire. Cette stratégie permet surtout de détourner la colère du plan social et économique vers le plan racial, ce qui va diviser et anéantir les luttes possibles.
Il est urgent de démonter le système de cet apartheid dont les électeurs du RN sont souvent eux-mêmes les premières victimes.
Prenez le temps de suivre cette émission très éclairante aujourd’hui. (...)
La préférence nationale -rebaptisée « priorité nationale » - est la clé de voûte du RN depuis son origine et la recette de son succès actuel. Pour le politologue Yves Camus : « C’est le raison d’être du RN, s’il abandonne ça, il n’est plus rien ». (...)