Alors que Damas dit envisager des négociations avec Tel-Aviv au sujet du plateau du Golan, le gouvernement israélien vient d’approuver un plan allouant 334 millions de dollars à l’installation de nouveaux Israéliens sur le territoire occupé. Un signe supplémentaire de la poursuite sans précédent de la colonisation israélienne en toute impunité.
« Israël viole l’accord de désengagement de 1974*, et aujourd’hui nous œuvrons à parvenir à un accord de sécurité qui garantisse son retrait des territoires qu’il a occupés après la chute du régime et son retour aux lignes de 1974 », déclare le 17 avril dernier Ahmed el-Charaa lors d’un forum diplomatique en Turquie.
Une déclaration qui a tout l’air d’un coup d’épée dans l’eau au vu des prétentions d’Israël à étendre toujours plus son territoire dans le cadre de sa politique expansionniste. Depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar el-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, Israël a envoyé illégalement des troupes dans une zone tampon patrouillée par l’ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.
Israël occupe la majeure partie de ce territoire syrien (...)
Israël impose ses velléités d’appropriation sur le Golan (...)
De nombreux témoignages recueillis par RFI dans le sud de la Syrie font état de tirs d’obus meurtriers, de terres délibérément brûlées au glyphosate, de multiplication des check-points israéliens, etc. De son côté, Human Rights Watch rapporte le déplacement forcé de résidents syriens de villages situés dans la zone nouvellement occupée : des soldats israéliens entrent dans des villages proches de la ligne de séparation, en menaçant des familles avec leurs armes ; ils forcent des habitants à partir sans leur permettre d’emporter leurs biens, des bulldozers israéliens rasent ensuite des maisons pendant la nuit, détruisant les vergers et les jardins qui les entouraient. Les forces israéliennes arrêtent également arbitrairement des civils syriens, et les transfèrent en Israël, où ils sont détenus sans inculpation et au secret en violation de toutes lois et conventions. (...)
Bientôt 3 000 nouvelles familles de colons
Et Israël ne semble pas près de s’arrêter. (...)
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu signifie régulièrement qu’il n’a aucune intention de restituer à la Syrie la partie du Golan conquise illégalement. En décembre 2024, il déclare ainsi que ce territoire appartient à Israël « pour l’éternité ». (...)
Des méthodes similaires au-delà de la Syrie
Au-delà de la Syrie, Israël applique des méthodes similaires de déplacements massifs des populations et d’occupation à ses frontières. Au Liban, l’État hébreu ne cachait pas fin mars son intention d’occuper le sud du pays jusqu’au fleuve Litani, situé entre 4 et 30 kilomètres de sa frontière, soit 10% de la superficie du Liban. Au moins 2 490 personnes ont été tuées et 7 725 blessées depuis le « cessez-le-feu » du 2 mars, selon un bilan établi le 24 avril par le ministère de la Santé libanais. Ce 28 avril, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, affirme que le sud du Liban est désormais « traité comme Gaza ». En quelques semaines, Israël est parvenu à occuper plus du Liban que la Russie n’occupe d’Ukraine depuis 2022.
Dans la bande de Gaza dévastée par plus de deux années de bombardements, Israël envisage de garder le contrôle sur environ 53% du territoire de 365 km², instituant une zone tampon permanente interdite à tout Palestinien. En Cisjordanie, l’expansion n’a jamais été aussi violente et rapide. (...)
Qui pour arrêter Israël ?
Rien ne semble stopper Israël dans sa course expansionniste. L’UE, qui dispose de puissants outils de pression – accords commerciaux, transferts d’armes etc. –, se refuse toujours à les utiliser. Mi-avril, une initiative citoyenne européenne (ICE) demandant la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël a pourtant franchi le cap symbolique du million de signatures.
Quant au président des États-Unis Donald Trump (...)