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Marie-Claude Saliceti
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Basta !
« Qu’on arrête de nous dire qu’on coûte cher » : les centres de santé participatifs pour l’instant sauvés
#SEC_PA #sante #inegalites
Article mis en ligne le 24 février 2026
dernière modification le 21 février 2026

Des centres et maisons de santé participatifs testent depuis plusieurs années une autre manière de soigner, en tenant compte des inégalités. Leur financement a été remis en cause fin janvier, les mettant en danger. Mais la mobilisation a payé.

Des candidats aux municipales de tous bords politiques promettent d’ouvrir des centres de santé communaux s’ils sont élus. Dans le même temps, fin janvier, le gouvernement annonçait arrêter de financer 26 maisons et centres de santé innovants, soutenus depuis 2021 dans le cadre d’une expérimentation. Un comble.

Il s’agit de 14 millions d’euros annuels en tout. C’est peu à l’échelle du budget de la santé, mais cela touche directement des milliers de patientes et de patients de quartiers populaires. Ces maisons et centres de santé dits communautaires et participatifs sont des structures implantées dans des quartiers délaissés par les médecins libéraux. Ils allient offre de soins et travail social, en proposant à la fois des consultations avec des médecins, mais aussi, par exemple, avec des travailleurs sociaux, des psychologues, et de la médiation en santé, notamment à travers des ateliers de prévention.

La prise en compte des déterminants sociaux de la santé et des discriminations subies par la population y est centrale. Tout comme l’implication des usagères et usagers, et une forte égalité entre les professionnels du soin et les autres salariés qui travaillent au sein de la structure.

26 de ces centres et maisons de santé appelés « structures d’exercice coordonné participatives » testent depuis 2021 un dispositif qui rompt avec le paiement à l’acte (le financement à la consultation par la Sécurité sociale) pour valoriser des actions de santé dite « participatives ». Pour ce faire, elles disposaient d’un financement de l’État.

La ministre fait machine arrière (...)

Très vite, les centres communiquent, se mobilisent, organisent des assemblées générales. La députée écologiste Cyrielle Chatelain interpelle le gouvernement. Et ça paie. Le 9 février, la ministre de la Santé Stéphanie Rist fait machine arrière.

Dans une lettre envoyée aux 26 structures, que Basta ! a pu consulter, elle souligne que ces centres et maisons de santé participatifs apportent « une réponse essentielle aux inégalités sociales et territoriales de santé ». Et elle assure qu’un consensus existe sur leur utilité. Le ministère s’est finalement engagé à une prolongation du financement jusqu’à la fin de l’année et envisage une pérennisation « par une mesure législative ».

Les structures concernées sont évidemment soulagées. (...)

Maintenant que le gouvernement affiche une volonté de pérenniser les structures participatives qui existent déjà, il faudrait aussi les généraliser, plaide Benjamin Cohadon, pour en avoir « dans les 1600 quartiers prioritaires de France et les zones rurales qui le souhaitent ». Plusieurs dizaines de centres et maisons de santé voudraient déjà rejoindre l’expérimentation pour s’engager dans une démarche participative.