
Nous sommes agents des parcs nationaux et nous alertons !
STOP ! Gardons ce qui marche en matière d’écologie et de biodiversité !
NON à la suppression des établissements publics des Parcs nationaux !
OUI à un engagement réel de la France pour la biodiversité, partout sur son territoire, en s’inspirant du modèle des parcs nationaux ! C’est vital !
Parc amazonien de Guyane, Parc national des Calanques, des Cévennes, des Écrins, de Forêts, de Guadeloupe, du Mercantour, de Port-Cros, des Pyrénées, de la Réunion et de la Vanoise.
Derrière ces noms évocateurs, agissent 11 établissements publics avec leurs personnels qui, sont reconnus pour assurer avec efficacité la préservation et la mise en valeur de 8 % du territoire français, en dépit de moyens réduits au fil des ans – 75 millions d’euros annuels.
Bien que de nombreux rapports et réussites sur le terrain en attestent depuis plus de 60 ans, ces établissements et leur modèle sont menacés aujourd’hui par le projet Macron-Bayrou-de Montchalin, appuyé par un rapport sénatorial récent. Suppression, fusion ou autre « géniale idée » technocratico-politicienne conduira à coup sûr à un gâchis considérable, et à un recul de la préservation partagée des patrimoines et de la biodiversité.
Un modèle efficace
Qui sont-ils et que font-ils ? Ces 11 petits établissements, administrés localement en partage avec l’État, sont agiles et ancrés sur les territoires.
Ils remplissent une mission d’intérêt général, de préservation partagée de la biodiversité remarquable et des autres patrimoines (paysager, archéologique, culturel...).
Toute l’année, les acteurs des territoires (communes, habitants, propriétaires, agriculteurs, forestiers, socio-professionnels…) intègrent cet objectif dans leurs activités économiques, sportives, culturelles…
Ils y sont aidés par la présence sur le terrain des techniciens et chargés de mission des parcs nationaux. Pour cela, les agents détectent et suivent la faune, la flore, surveillent le bon état écologique des milieux naturels tels que les forêts, les ruisseaux, les prairies, les landes... Ils mettent toutes ces informations à disposition, et échangent.
Ils participent aussi à l’éducation à la nature, de la maternelle au supérieur, en intervenant auprès de dizaines de milliers d’élèves chaque année.
Ils accompagnent les éleveurs et exploitants agricoles, dans la cohabitation avec les grands prédateurs (loup, ours), mais aussi dans l’adaptation aux changements climatiques brutaux.
Les 11 établissements travaillent en synergie et ont déjà mutualisé plusieurs fonctions supports à diverses reprises (comptabilité, informatique).
Les parcs nationaux ont déjà fait face à plusieurs attaques passées (...)
Leur modèle est aujourd’hui menacé de disparaître par opportunisme politicien
Dans la fin de vie des mandats d’E. Macron, où les cadeaux fiscaux aux très riches ont creusé le déficit public et appellent aujourd’hui des économies, les services publics vont subir une vague supplémentaire d’intense affaiblissement, par leur démantèlement tous azimuts, au détriment de ce qui marche, du bien de tous, de l’avenir et de l’Économie elle-même.
Dans cette stratégie morbide, comme d’autres services publics, les établissements des parcs nationaux sont accusés, à tort, de manquer d’efficacité (Ministre de Montchalin), voire d’être « improductifs » (Premier ministre).
Un rapport du Sénat (Les Républicains), sans même avoir pris la peine d’auditionner un seul parc national, juge que leur suppression serait une source d’économies. La réussite du modèle « à la française » des parcs nationaux ne rentre pas en ligne de compte dans leur réflexion.
A la place, ces sénateurs recommandent un modèle centralisé qui va démultiplier, entre le préfet et l’OFB, les rattachements administratifs déconnectés de la réalité de nos missions ou de leur assise locale. Nous savons que nombre de nos postes seront réaffectés dans des sièges lointains (Montpellier, région parisienne). Nous voyons d’ici les lourdeurs administratives et les freins à notre travail et donc à la construction quotidienne de la préservation, avec un ralentissement de toutes les décisions.
Notre analyse ainsi que celle des élus locaux des conseils d’administration et des conseils scientifiques convergent : le rapport ne fait ressortir aucune piste d’économies en dehors de l’abandon de missions en faveur des territoires !
Il permettrait simplement un effet d’annonce de la suppression de 11 opérateurs de l’État, laissant croire à des économies.
Nous sommes très inquiets pour la biodiversité (...)
La recommandation, si elle était mise en œuvre, générerait avant tout une désorganisation majeure et servirait de prétexte pour baisser à nouveau les budgets alloués à la conservation de la nature.
Ainsi affecté, ce service public de la biodiversité sur les territoires deviendrait, cette fois, inopérant. Il serait alors facile de le supprimer complètement, en s’en déchargeant auprès des territoires qui auraient des difficultés à assumer la préservation. Ils n’ont déjà plus assez de budget pour de nombreuses missions publiques dont l’État s’est déjà délesté, et les jeux de pouvoir et d’économie font souvent de la biodiversité une contrainte et non leur priorité.
Désincarnés, sans autonomie juridique ou budgétaire, et éloignés des territoires et de ceux qui y vivent, les parcs nationaux pourraient ainsi voir leur raison d’être s’effacer peu à peu, remettant en question des dizaines d’années d’existence et d’actions en faveur de la préservation de notre patrimoine commun.
Une pétition citoyenne pour assurer l’avenir des parcs nationaux …
Oui, nous aussi, nous avons besoin de votre mobilisation ! Signez ! (...)