Le tribunal de Bayonne a relaxé mardi sept personnes poursuivies pour avoir aidé des migrants à entrer en France, le 16 mars 2024. Ce jour-là, lors de la "Korrika", une course de 11 jours et 10 nuits en soutien de la langue basque, 36 exilés avaient pris place parmi les coureurs pour franchir la frontière entre Irun, en Espagne, et Hendaye, en France.
"C’est une bonne nouvelle : sept personnes inculpées et sept personnes relaxées. Cela démontre qu’il n’y avait pas grand chose dans ce dossier ", a réagi auprès de Franceinfo Enaut Aramendi, l’un des sept prévenus, membre de l’association d’aide aux migrants et aux exilés Etorkinekin. Pour l’avocate des prévenus, c’est aussi une victoire. "Nous sommes soulagés et heureux de cette décision. Le tribunal estime que juridiquement, il n’y a pas d’élément pour les condamner. Il n’y a donc pas d’infraction et mes clients ont tous été relaxés", a déclaré Me Maritxu Paulus-Basurco.
"Désobéissance civile"
Tout s’était passé lors de la première étape du parcours reliant Irun et Hendaye, le 14 mars 2024. Ces deux villes frontalières, la première côté espagnol et la seconde côté français, sont séparées uniquement par le fleuve Bidassoa et reliées par le pont Saint-Jacques. Ce jour-là, au moment du coup d’envoi, les exilés se mélangent aux coureurs. En plusieurs centaines de mètres, ils franchissent la frontière entre l’Espagne et la France, habituellement très surveillée par les forces de police, dans le cadre du rétablissement des contrôles aux frontières intérieures.
Les sept militants âgés de 32 à 73 ans, avaient fourni le dossard caractéristique des coureurs de la Korrika aux migrants.
Une vingtaine d’associations, collectifs, syndicats mais aussi de figures politiques locales avaient revendiqué deux semaines après lors d’une conférence de presse, la coordination de cette action, un acte selon eux "de désobéissance civile". (...)
Tous les prévenus, dont les avocats avaient plaidé la relaxe, avaient dénoncé une "Europe forteresse" aux politiques migratoires "maltraitantes et meurtrières". "On en train de juger la solidarité, or la solidarité c’est un devoir moral et politique. Il a à voir avec la société dans laquelle on veut vivre", avait déclaré à la barre Dominique Daguerre, 73 ans. (...)