Des frappes russes massives ont fait au moins quatre morts et privé de chauffage la moitié des immeubles résidentiels de Kiev, poussant son maire à appeler vendredi la population à évacuer "temporairement" la capitale ukrainienne. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Russie a mené des frappes massives en Ukraine, utilisant notamment le missile hypersonique Orechnik. Retrouvez le fil du 9 janvier 2026.
RÉSUMÉ
- La Russie dit avoir frappé l’Ukraine au moyen du missile hypersonique Orechnik
- Le SBU qualifie la frappe russe avec le missile Orechnik de "crime de guerre"
- Le tir d’un missile Orechnik par la Russie en Ukraine, signe "clair" d’une "escalade" (Kallas)
- L’attaque nocturne russe a endommagé l’ambassade du Qatar à Kiev (Zelensky)
- L’attaque nocturne russe a endommagé 20 immeubles résidentiels à Kiev (ministre)
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Le chef de l’ONU condamne les attaques russes "contre les infrastructures civiles ukrainiennes"
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné les attaques russes "contre les infrastructures civiles ukrainiennes", dans un communiqué de son porte-parole, après des frappes massives qui ont fait au moins quatre morts et privé de chauffage la moitié des immeubles résidentiels de Kiev. (...)
Zelensky affirme que l’attaque russe avec l’Orechnik était "manifestement" proche de la frontière de l’UE
Dans un discours prononcé dans la soirée, le président ukrainien a déclaré que l’attaque russe avec l’Orechnik était "manifestement" proche de la frontière ukrainienne avec l’Union européenne, et a suggéré que ce missile balistique à moyenne portée constituait également un défi pour des pays tels que la Pologne, la Roumanie et la Hongrie, entre autres membres de l’UE. (...)
Londres et Kiev signent un accord ouvrant la voie à des projets de défense communs "de grande envergure" (...)
L’AIEA demande instamment la mise en place d’une zone de cessez-le-feu près de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia (...)
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– Russie : quand l’Orechnik, missile balistique nucléaire, devient une “arme psychologique”
La Russie a choisi de viser une infrastructure civile non loin de la frontière polonaise avec l’Orechnik, l’un de ses missiles les plus avancés, capable de transporter plusieurs bombes atomiques. Le choix d’une cible d’importance relativement modeste pour une telle arme peut surprendre, mais il en dit long sur la volonté du Kremlin de faire passer certains avertissements. (...)
Avant cette attaque, ce missile n’avait été utilisé qu’une seule fois en novembre 2024 contre un vaste complexe industriel dans la ville de Dnipro. À l’époque, Vladimir Poutine avait vanté l’efficacité de ce que la propagande russe présente comme l’une des pièces centrales de l’arsenal nucléaire russe.
Venger l’attaque ukrainienne (imaginaire ?) sur la résidence de Poutine
Cette arme extrêmement véloce, capable de se déplacer à dix fois la vitesse du son, soit plus de 12 000 km/h, "est très difficile à intercepter pour les défenses anti-aériennes", souligne Erik Stijnman, spécialiste des questions de sécurité militaire dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne à l’Institut néerlandais des relations internationales Clingendael.
L’Orechnik dispose aussi de "plusieurs têtes qui se détachent permettant ainsi de frapper plusieurs cibles en même temps, représentant un défi d’autant plus compliqué pour les systèmes de défense les plus modernes", précise Matthew Powell, spécialiste de la guerre aérienne à l’université de Portsmouth. (...)
"La Russie utilise l’Orechnik comme une arme psychologique plutôt que militaire", estime Huseyn Aliyev. Dans le cas de la frappe sur Dniepr, il s’agissait de faire la première démonstration de la réalité de cette arme considérée comme "expérimentale".
Cette fois-ci, "la raison principale semble être d’impressionner les Russes en leur démontrant que la Russie dispose de cette arme très efficace et qui fait trembler l’Otan, d’après la propagande", assure Huseyn Aliyev. (...)
– (RFI)
Le missile russe « Orechnik est difficile à intercepter, mais ce n’est pas une arme magique »
En tirant un missile balistique Orechnik vers l’ouest de l’Ukraine, non loin de la frontière polonaise, la Russie adresse un signal stratégique aux Européens. Mais quelle est la dangerosité de ce missile hypersonique de nouvelle génération ? Entretien avec Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste de la dissuasion. (...)
Pourquoi la Russie a-t-elle choisi d’envoyer ce message aujourd’hui ? Est-ce lié à la réunion de la Coalition des volontaires cette semaine à Paris ?
Il faut probablement voir un lien avec cette réunion, et avec le fait que la France n’exclut pas l’envoi de troupes en Ukraine. Il a été question de plusieurs milliers de soldats français qui pourraient être déployés comme garanties de sécurité. Il y a donc avant tout un besoin de faire passer un message pour dissuader les Européens d’aller plus loin. Ce tir intervient clairement dans la foulée de cette réunion. Il ne faut toutefois pas le surinterpréter : l’Orechnik n’est pas une arme magique et cela ne fera très probablement pas reculer les Européens.
Peut-on aussi y voir une réponse indirecte à ce qu’a fait Donald Trump au Venezuela ? Les États-Unis font ce qu’ils veulent sur le continent américain, la Russie montre de son côté qu’elle fait ce qu’elle veut en Europe ?
Je ne le pense pas, car la situation est complètement différente. Le régime vénézuélien ne pouvait strictement rien faire face aux États-Unis, tant le différentiel de puissance est énorme. En revanche, le différentiel de puissance militaire entre la Russie et l’Europe est beaucoup moins marqué. Dans les faits, ce sont des puissances relativement équivalentes. (...)
son impact psychologique est majeur. Elle donne à la Russie une capacité de frappe en profondeur sur le territoire européen, sur de vastes zones qu’il serait impossible de défendre efficacement. Cela pourrait servir à mener des campagnes de déstabilisation en frappant régulièrement des sites industriels, comme des usines d’armement ou des raffineries. Les dégâts matériels seraient limités, mais la production pourrait être paralysée (...)