L’époque où le logiciel libre et l’open source étaient considérés comme des espaces neutres, protégés des soubresauts diplomatiques, semble toucher à sa fin. Selon les dernières analyses de Ben Cotton, figure respectée de la communauté (ancien de Fedora et Docker), l’année 2026 marque un tournant où la politique internationale devient un facteur de fragmentation majeur pour la collaboration mondiale.
(...) Cette fracture se manifeste physiquement par un déplacement du centre de gravité des événements tech. Les conférences basées aux États-Unis voient leur audience s’internationaliser de moins en moins, freinée par des politiques de visas restrictives. En contrepartie, des événements comme le FOSDEM à Bruxelles ou les éditions européennes des sommets de la Linux Foundation s’imposent désormais comme les véritables rendez-vous mondiaux, poussant les infrastructures d’accueil dans leurs derniers retranchements.
Le spectre des exclusions et des sanctions
(...) Le risque n’est plus théorique : une organisation ou une nation tombant en disgrâce auprès de la Maison-Blanche pourrait se voir interdire toute contribution à certains projets majeurs.
Cette menace fait écho aux débats récents sur l’exclusion de certains contributeurs, (...)
Face à ce flou juridique, les organisations les plus exposées adoptent une prudence extrême, au risque de briser l’universalité du code.
Sécurité et conformité : le défi du Cyber Resilience Act (...)
Dès le 11 septembre 2026, les entreprises devront disposer de mécanismes de rapport sur les vulnérabilités actives.
Si les projets open source eux-mêmes n’ont pas d’obligations directes sous le CRA, ils vont subir une vague de demandes d’informations sans précédent de la part de leurs utilisateurs professionnels. Ce déluge administratif inquiète (...)
Un marché de l’emploi en phase de dégel ?
Malgré ce contexte tendu, une lueur d’espoir apparaît sur le front de l’emploi. Après une période de coupes sombres liées à l’automatisation à outrance, les entreprises réalisent que l’IA ne remplace pas l’expertise humaine, surtout lorsqu’il s’agit de gérer des chaînes d’approvisionnement complexes. Certains dirigeants de la Silicon Valley admettent d’ailleurs que l’excès de confiance dans les agents IA a conduit à des résultats parfois sous-optimaux.