Quelques semaines avant la chute de Kaboul et le retour au pouvoir des talibans, nos reporters se sont rendus dans la vallée de Bamiyan. Cette région montagneuse au précieux patrimoine archéologique est devenue tristement célèbre après la destruction, il y a vingt ans, de ses colossales statues de Bouddha. Elle est aussi le fief des Hazara, minorité dans la ligne de mire des fondamentalistes qui ont pris le contrôle du pays. Nos journalistes témoignent de la richesse d’un monde sur le point de disparaître.
Nous sommes fin juin 2021, quelques semaines avant le retour au pouvoir des talibans. Au cœur de l’Afghanistan, la vallée de Bamiyan s’étire à 240 kilomètres au nord-ouest de Kaboul, à la rencontre des chaînes de l’Hindu Kuch et du Koh-i-Baba. Dans son écrin de montagnes aux plis ocre et de falaises crénelées, cette terre de légendes abrite des sites archéologiques de grande valeur, parmi les plus beaux trésors du pays. Négligée par les fondamentalistes ces vingt dernières années au point de constituer un havre de paix inégalé en Afghanistan, Bamiyan se veut un symbole de l’émancipation des femmes, présentes aussi bien dans les bazars qu’à l’université ou dans les bureaux.
La vallée accueille des centaines de touristes locaux, phénomène inexistant ailleurs. Une course de ski de randonnée, unique dans le pays, y est organisée chaque hiver. Un marathon mixte y a même été couru, passant par le parc national de Band-e-Amir, à l’ouest de Bamiyan. Mais, surtout, son patrimoine archéologique attire toujours plus de fonds étrangers, d’experts européens, voire de projets loufoques, comme la reproduction en 3D des bouddhas...
➤ "Les derniers jours de Bamiyan", un reportage de Solène Chalvon-Fioritti (texte) et Andrew Quilty (photo) paru dansle magazine GEO d’octobre 2021 (n°513, Le Japon).