Depuis un an, les autorités saoudiennes intensifient leur violente répression ciblant les personnes qui se servent des espaces en ligne pour faire entendre leurs opinions, a déclaré Amnesty International le 13 février 2023. Elle a recensé les cas de 15 personnes condamnées en 2022 à des peines d’emprisonnement comprises entre 10 et 45 ans, uniquement pour des activités pacifiques en ligne, notamment la plus lourde peine jamais infligée semble-t-il à une femme saoudienne pour s’être exprimée pacifiquement en ligne.
Par ailleurs, l’Arabie saoudite a infiltré au moins une entreprise de réseaux sociaux pour obtenir illégalement des informations contre des dissident·e·s et contrôler les informations diffusées en ligne au sujet du royaume.
(...) « L’Arabie saoudite réprime depuis longtemps les défenseur·e·s des droits humains, les journalistes et les membres de la société civile, et ses cibles incluent désormais des membres ” ordinaires ” de la population qui exercent pacifiquement leur droit à la liberté d’expression en ligne. (...)
« Parallèlement, elle tente d’infiltrer les plateformes numériques pour contrôler les informations publiées au sujet du royaume et de ses dirigeants. Ces méthodes répressives illustrent l’hypocrisie de l’Arabie saoudite qui organise des événements mondiaux censés défendre la libre circulation de l’information en ligne. »
Les 15 personnes concernées ont été jugées par le Tribunal pénal spécial, créé à l’origine pour traiter les affaires de terrorisme. Afin de les poursuivre en justice, le Tribunal s’est appuyé sur des dispositions vagues des lois de lutte contre la cybercriminalité et le terrorisme, qui assimilent l’expression pacifique et l’activité en ligne au « terrorisme ». Amnesty International a recueilli des informations attestant que chaque étape de la procédure judiciaire devant le Tribunal pénal spécial est entachée de violations des droits humains.
Ces personnes ont été soumises à toute une série de violations des droits humains durant leur détention (...)
L’augmentation spectaculaire de la durée des peines de prison prononcées par le Tribunal pénal spécial fait suite à la nomination d’un nouveau juge à la présidence du tribunal en juin 2022. Cet homme faisait partie de la délégation envoyée par les autorités saoudiennes à Istanbul en octobre 2018 pour « nettoyer » les preuves de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, démembré au consulat saoudien, selon le rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires (...)
La répression de l’expression en ligne n’est que l’un des outils dont disposent les autorités saoudiennes pour museler la dissidence. (...)
Des militant·e·s et de simples citoyens emprisonnés pour des tweets (...)