Les médias japonais parlent d’une nouvelle « terreur des ursidés » : ces dernières semaines, dans la préfecture d’Ishikawa, au centre-nord du pays, plusieurs attaques d’ours ont eu lieu dans des zones urbanisées, faisant quatre blessés.
La dégradation de l’habitat naturel des ours pousse ces derniers à s’aventurer dans les zones peuplées pour trouver de la nourriture. « S’ils ne peuvent pas trouver suffisamment de glands dans les montagnes, ils les chercheront inévitablement dans des endroits où il y a des gens », prévient Yuko Murotani, la présidente de la Société japonaise des ours et des forêts, qui s’inquiète du sentiment d’hostilité croissant envers les ursidés.
« Nous avions appris à coexister avec les ours, et nous ne les avons pas toujours chassés. Ils ne sont pas naturellement enclins à attaquer les humains, mais des attaques comme celles qui se sont produites récemment renforcent la conviction qu’il faut les chasser et les tuer », déplore-t-elle.
Pour les écologistes, ces attaques risquent de continuer si des mesures ne sont pas prises pour garantir un approvisionnement suffisant en glands et autres denrées, afin d’assurer aux ours un garde-manger suffisant pendant l’été et au début de l’automne. Les ours noirs se nourrissent de fruits à coques à forte valeur calorique et nutritive afin de grossir avant leur hibernation, qui débute autour du mois de novembre.
Une espèce vulnérable
L’abandon de terres agricoles lié à l’exode rural a également contribué à brouiller les frontières entre les forêts et les villages. Depuis le début de l’année, onze personnes de la préfecture d’Ishikawa ont été blessées par des ours. À l’échelle du pays, le bilan des victimes s’élevait l’an dernier à 157 blessé·es et une personne décédée des suites d’une attaque.
Les autorités japonaises peinent à trouver une solution susceptible de protéger à la fois les ours et la population (...)