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Contre la privation de liberté des migrant-e-s et la privatisation de leur enfermement
Lydie Arbogast : La détention des migrants dans l’Union Européenne : Un business florissant
Article mis en ligne le 19 décembre 2016

Combien coûte un exilé par jour ? C’est une question qui revient en permanence lorsque, pour traiter la question des personnes migrantes, on adopte une politique fondée sur des calculs de rentabilité et non sur une approche humaine. Cette politique prévaut dans de nombreux domaines d’intérêt général : éducation, transports, énergie et eau. Pour pouvoir proposer chaque service à un prix aussi bas que possible, c’est toujours la même méthode qui est employée : la privatisation, puisque seule la concurrence entre entreprises privées apporte les prix les plus bas. Cependant, on sait bien que dans un système capitaliste, les entreprises recherchent le profit.

Et pour pouvoir proposer des prix en apparence attractifs, il leur faut souvent économiser sur d’autres aspects. En matière de politique de gestion des migrations, les droits de l’Homme et le principe de sollicitude sont parfois délaissés au profit des bénéfices que cherchent à générer les entreprises. Ces dernières années, l’enfermement des exilés est devenu une « filière très porteuse », dont tirent profit un certain nombre d’acteurs privés, notamment des multinationales. A côté de cela, les coûts sociaux de ce « modèle commercial » sont supportés par la société dans son ensemble. Tout d’abord au détriment des migrants eux-mêmes, qui font souvent face à des approvisionnements insuffisants, des privations de droits et de libertés et des situations de violence. Mais également au détriment des employés des prestataires de services, qui doivent assurer des tâches comme la sécurité, le ravitaillement et l’administration des lieux d’enfermement pour migrants. Cette étude présente des cas parfois choquants du commerce qui est fait en Europe sur le dos des exilés, ainsi que les conséquences de la recherche du profit. On y trouve des exemples qui mettent en lumière les dérives actuelles (...)

Les ONGs sont susceptibles d’être instrumentalisées par les autorités publiques en charge qui se mettent à distance de leurs responsabilités. L’étude décrit en détail la tendance à l’externalisation et la privatisation des centres de détention pour migrants au sein de l’UE, ainsi que leurs conséquences sur les personnes enfermées elles-mêmes mais aussi sur les politiques et sur la société. En particulier, elle met en garde contre le fait que si les grandes multinationales continuent à s’occuper des questions de sécurité, il deviendrait presque impossible de changer de poli- tique et nous en subirions tous les conséquences. (...)

Les pays européens dépensent des millions, au bénéfice des industriels de la défense, pour empêcher les migrant-e-s d’entrer dans l’union européenne. Il faut comprendre qu’ainsi les compagnies de sécurité et l’industrie militaire ont des intérêts bien matériels au renforcement de la « sécurisation » grandissante des frontières (...)

Les pays européens dépensent des millions, au bénéfice des industriels de la défense, pour empêcher les migrant-e-s d’entrer dans l’union européenne. Il faut comprendre qu’ainsi les compagnies de sécurité et l’industrie militaire ont des intérêts bien matériels au renforcement de la « sécurisation » grandissante des frontières (...)

« Le cas de la Suède illustre un processus inverse à celui des autres pays européens cités, dans la mesure où le pays est passé d’une gestion privatisée à une gestion nationale publique de ses camps d’étrangers » (...)

L’auteure aborde aussi la mise en travail des migrant-es mis-e-s au travail, « Le dispositif d’enfermement permet ainsi aux sociétés privées de faire travailler les détenus à des coûts bien inférieurs au marché de l’emploi national, afin de réduire leur frais de fonctionnement et d’augmenter davantage leurs bénéfices » (...)