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le monde diplomatique
Des Amis pas comme les autres
Article mis en ligne le 14 avril 2015
dernière modification le 4 avril 2015

Depuis sa création en 1996, l’association des Amis du « Monde diplomatique » (AMD) contribue à l’indépendance du mensuel dont elle est actionnaire. Regroupant plusieurs milliers de lecteurs motivés, elle constitue aussi un réseau actif de diffusion informelle des analyses et des valeurs du journal. Plongée dans un collectif militant.

(...) Qui se souvient, en effet, que les AMD sont nés de la volonté d’asseoir l’indépendance du Monde diplomatique ? En 1996, le journal doit réunir 10 millions de francs pour devenir une entreprise autonome, et non plus un service interne du Monde SA. Cette étape cruciale dans l’histoire du mensuel créé en 1954 par Hubert Beuve-Méry comme supplément du Monde peut lui permettre de se développer et de consolider l’indépendance de sa rédaction (1).

Ainsi est créée l’association des AMD

En quatre ans, elle rassemble la somme nécessaire. Cela lui permet d’acquérir 25 % des actions de la nouvelle société éditrice, Le Monde diplomatique SA, tandis que l’Association Gunter Holzmann, qui regroupe tous les salariés du mensuel — et pas seulement les rédacteurs —, en possède 24 %. Disposant conjointement de 49 % des parts — soit bien plus que la minorité de blocage de 33 % —, les deux associations peuvent s’opposer à toute initiative qui mettrait en cause les choix de la rédaction. « L’association AMD, avec d’autres et avec Le Monde diplomatique, sera un outil de participation citoyenne, prenant la forme d’une constellation de forums, tous irrévérencieux à l’égard des pouvoirs — en premier lieu du pouvoir de l’argent — et avant tout soucieux, pour reprendre une formule américaine, de “satisfaire les affligés et d’affliger les satisfaits” », peut-on lire sous la plume de Claude Julien, qui dirigea le journal de 1973 à 1990 (2). (...)

Avec les cotisations et les dons de ses quelque quatre mille membres, les Amis disposaient d’un budget de fonctionnement de 179 100 euros en 2014, permettant de financer les activités décidées localement : conférences, participation à des colloques et à des salons locaux, projections de films suivies d’un débat, « cafés-Diplo », émissions sur les radios locales, soirées à thème dans un cabaret, lectures publiques d’articles dans un théâtre, interventions dans les collèges et les lycées…

Dans certaines villes, comme Lille, Toulouse ou Carcassonne, plusieurs événements sont organisés chaque mois. En 2013 et 2014, le documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Les Nouveaux Chiens de garde, et ceux de Pierre Carles, notamment Opération Correa, ont donné lieu à des dizaines de soirées thématiques dans toute la France. « Relayant la critique des médias, ces films nous ont permis de valoriser l’indépendance et la rigueur du Monde diplomatique, tout en mettant les rieurs de notre côté » (...)

S’il existe des groupes AMD au Québec, en Suisse, en Belgique, au Royaume-Uni, en Afrique francophone ou au Japon, il n’y en a jamais eu en Palestine ou en Israël, malgré le suivi attentif de cette région par le journal. La montée en puissance internationale sera l’un des thèmes débattus lors de l’assemblée générale de l’association du 27 juin prochain, qui procédera également à l’élection d’un nouveau conseil d’administration.