Derrière le dispositif de réseautage des Napoleons, deux enfants de la pub qui réunissent dircoms, DRH et cadres dirigeants pour échanger et assister à des conférences. Mais Olivier Moulierac et Mondher Abdennadher ont moins de succès auprès des villes qui accueillent leurs festivités.
D’une main rageuse, au feutre souvent, d’autres fois à l’aide de collages, de mystérieux activistes inscrivent régulièrement quatre lettres sur les murs du centre historique d’Arles (Bouches-du-Rhône). Toujours les mêmes, « N », « A », « P », « O », pour former une seule et même appellation, déclinée au pluriel : « Les Napo ». Elle est systématiquement accompagnée de mots pas franchement bienveillants : « Les Napo, Arles vous déteste » ; « Les Napo, cassez-vous » ; « Napo, Mafia néolibérale ».
« “Ils vivent en vase clos. Ils ne s’intéressent à personne“ : à Arles et Val-d’Isère, @LesNapoleons et leurs rencontres très fermées. » Ahurissant. https://t.co/wwaZIARXNc pic.twitter.com/Z0MujEKC8V
— Sébastien Fontenelle (@vivelefeu) January 3, 2022
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Cercle réunissant des personnalités de l’innovation et de la communication, les Napoléons ont réussi un joli coup en invitant l’ex-président américain.
Deux fois par an, à Val-d’Isère en janvier et à Arles en juillet, ses membres, appelés des « académiciens », se réunissent pour échanger dans ce qui ressemble à un forum de Davos du milieu de l’innovation et de la communication. Au total, les Napoléons revendiquent 1 500 membres, dont 500 réellement actifs d’après Libération . « On paye pour être présents [3 400 euros, NDLR], rencontrer nos pairs, réseauter dans un environnement agréable. Des annonceurs, des agences, des acteurs de l’écosystème de la communication sponsorisent pour avoir leur nom associé aux événements », raconte l’un d’entre eux. « La fonction essentielle de notre projet est de mettre des gens talentueux en relation. C’est un lieu de business et c’est totalement assumé de notre part », précise Olivier Moulierac, l’un des deux fondateurs.
Qui est derrière ce réseau ?
Les Napoléons, c’est le bébé de deux hommes, Mondher Abdennadher et Olivier Moulierac. Issus du secteur de la communication, ils se sont rencontrés chez Euro RSCG, agence désormais englobée par Havas. Leur projet, porté par leur société Momentum, a été lancé en 2014. D’autres noms de la communication apportent leur pierre à l’édifice, comme Anne Méaux, patronne de l’agence Image 7, qui conseille les plus gros patrons français. « Je les ai aidés à améliorer leur programme, à avoir des intervenants, à gagner en crédibilité, à gagner un peu de temps », explique-t-elle au Monde .
Le comité de direction accueille aussi Fleur Pellerin, ancienne ministre de la Culture, Xavier Couture, le numéro deux de France Télévisions, et l’entrepreneur Henri Seydoux. Le publicitaire Jacques Séguéla a participé à la levée de fonds de 2,2 millions d’euros en trois ans. Parmi les autres contributeurs connus figurent notamment l’animateur Olivier Chiabodo et le consultant Olivier Fric, le mari d’Anne Lauvergeon, l’ex-patronne d’Areva.
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