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France 24
Incendies en Amazonie : Jair Bolsonaro accuse la presse de nourrir l’inquiétude internationale
Article mis en ligne le 30 août 2019

Jair Bolsonaro a une nouvelle fois minimisé la gravité des incendies en Amazonie. Le chef d’État brésilien s’en est ensuite pris à la presse brésilienne, l’accusant de nourrir les inquiétudes à l’étranger.

Le président brésilien ne cesse d’attiser les colères concernant les incendies qui ravagent l’Amazonie. Jair Bolsonaro a de nouveau minimisé jeudi 29 juillet la gravité de ces feux, alors qu’est entrée en vigueur l’interdiction temporaire des brûlis agricoles dans tout le pays. Une mesure prise pour tenter de démontrer la réactivité du Brésil. Mais beaucoup doutent de l’efficacité de cette mesure.

Il "n’est pas vrai" que la forêt amazonienne soit "en feu", a affirmé Jair Bolsonaro en direct sur Facebook, tout en assurant que "les incendies cette année sont inférieurs à la moyenne de ces dernières années". Il a accusé la presse brésilienne de "nourrir" l’inquiétude internationale à ce sujet.

Le déploiement de l’armée brésilienne pas encore efficace

L’entrée en action de l’armée brésilienne le week-end dernier n’a encore pas eu d’effets probants : plus de la moitié des 1 628 nouveaux départs de feu enregistrés en 24 heures par l’Institut national de recherche spatiale (INPE) l’ont été en Amazonie, malgré le déploiement de 18 avions et 3 900 hommes.

Le nombre d’incendies évoluait de manière très inégale dans les neuf États amazoniens, avec de fortes hausses mais aussi de nettes baisses. Il n’était pas possible d’attribuer ces dernières à l’intervention de l’armée, qui ne communique pas sur ses opérations, et alors que des pluies ont arrosé certaines régions.

Un premier avion bombardier d’eau financé par l’aide d’urgence de 20 millions de dollars décidée par le G7 a décollé mercredi au Paraguay pour lutter contre les incendies de la forêt amazonienne, en coordination avec le Chili, a annoncé jeudi la présidence française.

D’autres devaient décoller prochainement, notamment vers la Bolivie, pays lui aussi très touché par les feux de forêt. Dans l’attente d’une réponse de Jair Bolsonaro, qui a créé la confusion sur la volonté de Brasilia d’accepter ou non l’aide du G7, l’envoi d’avions bombardiers d’eau au Brésil n’était pas d’actualité.

La police a arrêté jeudi trois personnes pour avoir incendié plus de 5 000 hectares dans une zone protégée de l’État amazonien du Para.

Les impressionnantes images de zones entières de la forêt tropicale dévorées par les flammes ont provoqué l’émotion dans le monde et mis Jair Bolsonaro sous pression. (...)

Pour Daniel Azevedo Lobo, procureur à Rondônia, État amazonien du nord-ouest du Brésil, "70 % de la déforestation est due aux activités d’organisations criminelles, et non d’individus isolés", et "il faut attaquer le problème à la source".

"Dans le Rondônia, comme dans toute l’Amazonie, il y a des groupes organisés qui envahissent les terres. Ce sont souvent des coupeurs de bois qui s’accaparent ces terres et débitent les arbres sur place", explique-t-il. "Il manque beaucoup de contrôles à Rondônia".

Intervention de l’ONU

Par ailleurs, le Brésil a accueilli très fraîchement une idée avancée par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres d’une réunion sur l’aide à l’Amazonie en marge de la prochaine assemblée générale.

"La situation en Amazonie est, clairement, très grave", a déclaré Antonio Guterres. "La communauté internationale doit se mobiliser avec force pour soutenir les pays d’Amazonie afin de mettre fin aux incendies aussi rapidement que possible, par tous les moyens possibles, et mener ensuite une politique complète de reforestation".

"Le secrétaire général de l’ONU n’a pas parlé de cette affaire avec le gouvernement brésilien, nous se sommes pas au courant", a déclaré le ministère des Affaires étrangères, interrogé par l’AFP. (...)