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Accord "un pour un" : depuis son entrée en vigueur, 281 migrants expulsés vers la France et 350 envoyés au Royaume-Uni
#RoyaumeUni #France #migrants #immigration
Article mis en ligne le 5 février 2026
dernière modification le 2 février 2026

Il devait enrayer les traversées de la Manche. Cinq mois après son entrée en vigueur, l’accord "un pour un" qui prévoit un système d’échange de migrants entre Londres et Paris ne produit pas les effets escomptés par les autorités britanniques.

Le texte, signé en juillet, prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni par "small boat", en échange de quoi Londres s’engage à accepter un exilé se trouvant en France et exprimant sa volonté de demander l’asile. Une expulsion, une entrée, en somme.

Depuis les premiers transferts mi-septembre, un total de 281 migrants arrivés en Angleterre après une traversée de la Manche ont été expulsés vers la France, et 350 exilés ont pu rejoindre le Royaume-Uni de manière légale, a indiqué la semaine dernière la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, interrogée par la radio LBC. (...)

On est en effet loin des estimations envisagées au moment de la signature de l’accord : la presse britannique avait évoqué le chiffre de 50 exilés expulsés vers la France chaque semaine.

"Peur, humiliation et détresse psychologique"

Dès son annonce, cet accord a été largement critiqué par des ONG et des associations de défense des droits des étrangers. Des responsables associatifs ainsi que des citoyens français et britanniques réunis au sein d’un collectif ont dénoncé en octobre dernier "un marchandage cynique des vies humaines". "Nous parlons de marchandage, une notion généralement utilisée pour parler d’objets, car finalement avec cet accord, on prend les migrants pour des pions en les échangeant comme si cela n’avait aucun impact", avait expliqué à InfoMigrants Stella Bosc, responsable communication et plaidoyer de l’Auberge des migrants. "On est dans une logique quasiment de troc, dont la matière est l’humain. Pour nous, derrière cet accord, il y a une déshumanisation qui est très alarmante. C’est une vie contre une autre". (...)

Les critiques sont également venues des exilés eux-mêmes. Début janvier, le média britannique The Guardian a révélé que 85 migrants placés en centre de rétention au Royaume-Uni en vue de leur renvoi en France avaient affirmé avoir subi des traitements dégradants de la part des autorités britanniques.

Les migrants, originaires du Soudan, d’Afghanistan et d’Iran notamment, accusaient le Home Office de les soumettre à une détention arbitraire, de leur refuser l’accès à un avocat. Ils dénonçaient aussi un accès limité à des soins médicaux, des traitements dégradants et des préjudices psychologiques, notamment dans le centre d’Harmondsworth, en périphérie de Londres. (...)

beaucoup ne renonceront pas à leur objectif si près du but, alors qu’ils ne sont qu’à quelques kilomètres des côtes britanniques. (...)

Enfin, parce que certains ont des attaches ou des proches au Royaume-Uni, et voient ce pays comme leur dernière chance. (...)