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Mediapart/AFP
Bar incendié en Suisse : enquête ouverte contre les gérants français, journée de deuil national le 9 janvier
#Suisse #incendie #CransMontana
Article mis en ligne le 5 janvier 2026
dernière modification le 4 janvier 2026

Les autorités suisses ont annoncé samedi l’ouverture d’une enquête pénale contre les deux gérants français du bar ravagé la nuit du nouvel an par un incendie dans la station de ski de , qui a fait 40 morts et 119 blessés, et décrété une journée de deuil national vendredi 9 janvier.

Une enquête pénale a été ouverte contre les deux gérant·es français·es du bar ravagé par un incendie dans la station de ski de Crans-Montana en Suisse, incendie qui a fait 40 morts et 119 blessé·es. Les autorités ont décrété une journée de deuil national vendredi 9 janvier.

Les deux gérants sont accusés d’« homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ».

Avant d’envisager un éventuel procès, cette enquête devra établir la responsabilité de ce couple, Jacques et Jessica Moretti, dans le drame vraisemblablement provoqué, selon l’enquête, par des bougies incandescentes fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond du sous-sol de l’établissement. (...)

À ce jour, huit morts suisses, dont deux mineurs, ont été identifiés par la police cantonale. De son côté, l’ambassadeur d’Italie en Suisse a annoncé à l’agence AGI que trois corps d’Italiens avaient également été identifiés.

Vendredi, la police avait annoncé que 113 des 119 blessé·es avaient pu être formellement identifié·es.

Parmi eux se trouvent 71 Suisses, 14 Français (16 selon le ministère français des affaires étrangères samedi), 11 Italiens, quatre Serbes, mais aussi un Bosniaque, un Belge, un Luxembourgeois, un Polonais et un Portugais.

Deuil national

« Le 9 janvier, la Confédération prévoit, en collaboration avec les Églises suisses, une journée de deuil national », a déclaré le président helvétique Guy Parmelin. En signe supplémentaire de solidarité nationale, toutes les cloches des églises de Suisse sonneront à 14 heures (13 heures GMT) lorsque débutera une cérémonie d’hommage à Crans-Montana. (...)

L’identification des corps et des derniers blessés devrait durer plusieurs jours selon les autorités.

Plusieurs patients grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie.

Marche silencieuse dimanche

Les hommages et appels à se rassembler se multiplient, et des messes sont organisées en hommage aux victimes. Samedi soir à Montana, l’église était pleine, certaines personnes étaient en larmes tandis que d’autres se serraient dans les bras.

« On est venus pour soutenir ces familles qui sont dans le deuil », a déclaré à l’AFP Maurice Robyr, de Crans-Montana, après la messe. « Je ne vais pas à l’église le reste du temps », mais « il faut venir aider, être solidaire, être humain », a confié Patricia, 68 ans, se disant « tétanisée » et « choquée ». (...)

La mousse mise en cause

Outre les bougies, les enquêteurs se penchent également sur la mousse – un isolant acoustique – recouvrant le plafond du sous-sol du bar, qui semble s’être rapidement embrasée.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond du sous-sol du bar. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes.

Des témoins ont décrit des scènes d’horreur : des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.

L’enquête doit notamment porter sur les travaux effectués au sein de l’établissement, les matériaux utilisés, les autorisations d’exploiter et les mesures de sécurité.

Le président de la commune de Crans-Montana Nicolas Féraud a assuré à la radio-télévision publique suisse RTS qu’il n’y avait eu aucun laxisme de la part de sa commune, mais qu’il est « évident que ce genre de catastrophe remet » des choses en cause, notamment sur « le contrôle de tous les établissements publics ».

Interrogé samedi par des journalistes dont l’AFP devant son domicile de la commune voisine de Lens, le propriétaire du bar Jacques Moretti a lancé : « Laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil. » Vendredi, il avait assuré au quotidien La Tribune de Genève que son bar avait été contrôlé « trois fois en dix ans » et que « tout s’[était] fait dans les normes ».

Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public décidera de classer l’affaire ou d’émettre un acte d’accusation. En attendant, les intéressé·es n’ont fait l’objet d’aucune mesure de détention provisoire ni d’assignation à résidence, a confirmé à l’AFP un porte-parole de la police cantonale.